Les 13 sociétés les plus détestées

June 22, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

Vous pensez que BP est la société la plus haïe de l'histoire et qu'elle ne s'en remettra sans doute jamais? Que la désinvolture et l'inefficacité avec laquelle son PDG Tony Hayward gère la marée noire dans le Golfe du Mexique est un scandale sans précédent? Détrompez-vous, la liste des multinationales les plus détestées est longue comme un jour sans pain.

Le site américain The Daily Beast a interrogé de nombreux historiens spécialistes de la finance et de l'économie pour établir le palmarès des pires sociétés. Une soixantaine ont été nommées et The Daily Beast publie la liste des treize les plus détestées. Il en ressort que BP n'est pas vraiment un cas à part, le pétrolier britannique n'a rien à envier par exemple à Union Carbide, United Fruit, Halliburton ou Microsoft. Et il ne faut pas oublier les maîtres du monde de Wall Street, de Goldman Sachs à Drexel Burnham.

La banque Drexel Burnham reste d'ailleurs pour les historiens l'entreprise la plus détestée. A la fin des années 1980, son patron Michael Milken a inventé les «junk bonds», littéralement obligations pourries, qui, non seulement, ont créé une bulle financière qui a fini par éclater, mais ont permis la prise de contrôle hostile de multiples sociétés qui étaient ensuite démantelées. Drexel Burnham a fait faillite et Michael Milken a été en prison.

Halliburton est sans surprise au deuxième rang. Son ex-président, Dick Cheney, est devenu vice-président des Etats-Unis et la société a obtenu de multiples et juteux contrats avec l'Etat fédéral à la suite d'une guerre (en Irak) voulue par ce même président. Le scandale a pris des proportions considérables quand les parlementaires américains ont découvert que Halliburton faisait payer au contribuable américain 600 dollars pour un marteau fourni à l'armée américaine en Irak et 1.000 pour un siège de toilettes! Halliburton est devenu ainsi un symbole des années Bush.

Monsanto est le numéro trois de ce classement de la détestation pour avoir été associée dans les années 1970 à la fois à l'agent orange, herbicide utilisé massivement pendant la guerre du Vietnam par l'armée américaine, et plus encore à la catastrophe de Bhopal en Inde à la suite de l'explosion d'une de ses usines de pesticides.

Blackwater est comme Halliburton un symbole de la guerre en Irak et des années Bush. Cette société est spécialisée dans la fourniture de mercenaires qui ont été accusés de meurtres et de viols.

Nestlé est au cinquième rang de ce classement. La multinationale suisse paye encore aujourd'hui le prix de la controverse dans les années 1970 et 1980 sur la qualité de son lait en poudre fourni dans les pays pauvres.

Les sociétés suivantes de la liste infamante sont dans l'ordre: Goldman Sachs, Microsoft, BP «seulement» au huitième rang, ITT, United Fruit Company (à l'origine du terme république bananière), Exxon, Union Carbide et Standard Oil.

[Lire l'article du Daily Beast]

Slate.fr

Scandale. Des travailleuses algériennes de l’italienne Saïpem victimes d’agressions sexuelles

June 22, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

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Après les licenciements abusifs, les traitements discriminatoires et les pressions de tous types, voici venu maintenant le temps des agressions sexuelles pour s’installer comme «routine» dans les champs d’hydrocarbures attribués à des entreprises étrangères. Dans une lettre de dénonciation, des travailleurs algériens de l’entreprise italienne Saïpem, activant dans le champ gazier de Menzel Ledjmet, révèlent à l’opinion publique des faits graves et scandaleux : des travailleuses algériennes subissent, de la part des expatriés italiens exerçant pour le compte de la Saïpem, des harcèlements et des agressions sexuelles dans un climat d’impunité totale.

«Nous, travailleurs algériens à la Saïpem, entreprise italienne dont le chantier est installé dans le grand Sud, plus précisément à 300 Km de Hassi Messaoud, MLE (Menzel Ledjmet East Project), dénonçons les agissements plus que blâmables des managers italiens de l’entreprise», entament-ils leur missive. Et à eux de préciser: «Ces derniers ont recruté du personnel féminin algérien (…). Nous avons constaté amèrement que nos sœurs subissent un harcèlement sexuel flagrant de la part de ces mêmes responsables et faisaient même l’objet d’agressions sexuelles».

La lettre anonyme précise que les travailleurs algériens ont tenté d’aviser le premier responsable du Site, un Italien, pour mettre un terme à ces agissements scandaleux. Ce dernier, et après avoir promis de prendre les mesures nécessaires dans de pareils cas, a jugé bon de licencier une travailleuse qui avait subi «une agression sexuelle caractérisée» et de garder, dans son poste, le mis en cause, un autre Italien. Pis encore, suite à cette dénonciation, tout le personnel féminin a été déplacé vers les quartiers italiens pour mieux les cerner, poursuit cette même source.

Le premier responsable du site MLE a enfoncé le clou en brandissant une liste de travailleurs algériens devant être sanctionnés. Une mesure arbitraire qui vise, vraisemblablement, à faire taire les Algériens qui auraient manifesté un peu de résistance face à une situation de non-droit et de mépris total. Les signataires de cette lettre ont adressé un ultime appel aux autorités locales pour intervenir et mettre fin à ces actes afin de rétablir les travailleuses et travailleurs algériens dans leur droit.

Le mauvais scénario de la maltraitance subie par les Algériens dans leur pays continue et les entreprises étrangères activant dans le Sud semblent jouir d’un quitus pour faire ce que bon leur semble. Les pouvoirs publics iront-ils jusqu’à tolérer une sorte «d’esclavagisme sexuel» des Algériennes par des étrangers ?

À bon entendeur, salut !

Nina A.ALGERIE-FOCUS

Algérie: La « mal-vie »: rapport sur la situation des droits économiques, sociaux et culturels en Algérie

June 16, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

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II.4 UGTA : un monopole bien gardé

La création de syndicats autonomes dans le secteur productif est impossible. Yacine Zaïd, travailleur d’Hassi Messaoud, en fait l’amère expérience. Dans cette ville champignon proche de Ouargla sont extraits près des deux tiers du pétrole algérien; y accéder nécessite un permis spécial, rendant impossible les enquêtes indépendantes. Indigné par le sort des travailleurs dans ce far-west saharien , Zaïd, responsable de la sécurité de l’entreprise de restauration collective Eurest Support Services, filiale du groupe britannique Compass, décide de créer une section syndicale (1.400 travailleurs à l‘assemblée générale constitutive). L’entreprise lui conteste ce droit. Du jour au lendemain, l’employé modèle, récompensé régulièrement par des primes, devient indésirable, puis est licencié. Dans sa notification de licenciement en juin 2007, est cité l’article 22 du décret exécutif n°96-158 du 4 mai 1996: « les cadres et agents chargés de la sûreté interne de l’établissement : (…) doivent observer scrupuleusement les obligations de loyauté, de réserve, de neutralité et d’impartialité et s’interdisent toute intervention dans les relations de travail et les litiges et conflits professionnels d’ordre administratif ou syndical au sein de l’établissement ». Ils sont aussi tenus, par le même article, à un secret professionnel. A cette catégorie de salariés, la liberté syndicale est donc purement et simplement confisquée. Yacine Zaïd obtient le soutien des syndicats autonomes algériens, des militants des droits de l’Homme, et d’organisations internationales78. D’autres tentatives de création de sections syndicales à Hassi Messaoud ont conduit leurs initiateurs au licenciement79 : Mis Waco, Western Gico, Woder Food, Beaker Huggs… Le silence de l’UGTA est assourdissant.
Parce qu’il médiatise son expérience, Yacine Zaïd80 subit un harcèlement judiciaire manifeste. Noyé sous une avalanche de plaintes pour diffamation, insultes (7 à ce jour), il est ruiné mais reste mobilisé. « Ils sont des milliers de salariés maltraités qui pensent qu’ils n’ont aucun recours, je veux prouver à tous que nos droits sont bafoués et que nous devons nous mobiliser collectivement pour les défendre», estime-t-il. D’après des témoignages recueillis par la mission, les taux de suicide seraient particulièrement élevés à Hassi Messaoud, mais dans cette région considérée comme une zone de non droit, aucune donnée n’est vérifiable..
Non seulement les autorités algériennes laissent les entreprises d‘Hassi Messaoud (multinationales et sous-traitants locaux) bafouer en toute impunité la législation algérienne sur le travail, mais en empêchant les salariés dont c’est pourtant un droit garanti par la Constitution (art. 56) et la Convention 87 de l’OIT (art.2), ils donnent aussi aux contrevenants les moyens de la répression d’Etat.
La proximité de l’UGTA avec le pouvoir est plus que jamais visible. Elle est devenu « un instrument totalement discrédité de contrôle social », estime le CISA. Sa gestion des conflits comme ceux de Rouiba, témoignent de l’attitude ambigüe des représentants de l’UGTA. En janvier 2010, dans la zone industrielle de Rouiba, la grève de la SNVI (Société nationale des véhicules industriels, à la dérive avec seulement quelques centaines de voitures produites pour la police et pour l’armée et avec 60 milliards de dinars de dettes) gagne toutes les entreprises présentes comme Anabib, Magi, Cammo... Les salariés revendiquent le maintien de l’actuel dispositif de mise à la retraite, la hausse des salaires et la généralisation du SNMG à toutes les catégories de travailleurs. Dans la rue, face aux forces anti-émeute et de leurs engins SNVI, les manifestants sont entre 2.000 et 5.000 selon les jours. Sur le terrain, les représentants de l’UGTA sont débordés, incapables de répondre aux injonctions de la direction nationale et de contenir la grève81; dans la foule, des manifestants lancent à l‘adresse de Sidi Saïd, le puissant patron de l‘UGTA, « il nous a trahi« . Contrainte, l’UGTA locale se rebelle après quelques jours contre ce qu’elle qualifie de « communiqués philosophiques ». «Il n’est pas question de les faire passer (…). Les travailleurs ne sont plus dupes (…) », confie un syndicaliste local82. In fine et sans réelles garanties, la grève a pris fin le 14 janvier.
78. Campagne de solidarité du mouvement syndical international sur son site LabourStart, et soutiens nombreux de la CFDT Hôtellerie, Tourisme, Restauration, www.cfdt-htr.org
79. « Des sociétés étrangères exploitent les Algériens », El Watan, 27 juillet 2009
80. Yacine-zaid.mylivepage.com, www.facebook.com. En rédigeant des blogs, en initiant des groupes Facebook, ce pionnier tente de sortir l’Algérie de son isolement et invente une nouvelle forme de protestation
81. « La contestation gagne la zone industrielle », El Watan, 7 janvier 2010
82. « Rouïba : la grève de la SNVI reconduite », Le Quotidien d’Oran, 12 janvier 2010

Algeria

June 11, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

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The numerous protest actions by independent unions were repressed by the authorities, particularly in the education and health sectors. The activism of the General Union of Algerian Workers (l’Union générale des travailleurs algériens - UGTA) was frequently ignored or fought against by employers, whether the State, mixed, private or multinational enterprises. The right to strike is curtailed by the authorities’ broad rights to intervene.

Trade union rights in law

Union organising is frustrated by excessive restrictions and government intervention. In order to be recognised, a union needs to represent at least 20% of the workers in an enterprise and must obtain prior authorisation from the government.

Legal strikes are difficult to organise, as they must be preceded by a secret ballot of the entire workforce. In addition, pursuant to the Act of 6 February 1990, the authorities can refer an industrial dispute to the National Arbitration Commission. The government can also ban a strike if it is deemed to cause a serious economic crisis, or declare it a subversive or terrorist action if it obstructs public services or impedes traffic or freedom of movement in public places. Finally, pursuant to the State of Emergency decreed in 1992, the latter offences carry hefty penalties including imprisonment for up to 20 years.

Trade union rights in practice and violations in 2009

Background: On 9 April Abdelaziz Bouteflika was re-elected to serve a third term as President, with 90% of the vote. Human rights violations continued. By the end of 2009 there was mounting social unrest. Inflation had reached an average of 5.7% for the first 11 months of the year, while over the same period the price of fresh produce had exploded (rising by more than 21%).
Independent unions constantly repressed: The independent unions, which have become ever more representative in the education and health sectors over the last few years, are finding it as difficult as ever to make their demands heard by the authorities. Some of these organisations have still not been able to register and therefore have no legal existence. Their names are sometimes usurped by government-backed dissidents, in an effort to undermine their representativeness. These independent organisations are almost never consulted. Hence, despite their demands, they were not involved in the triennial pay negotiations at the end of the year. In addition to the refusal to recognise them and the interference they are often subjected to, many of the protest actions they carried out in the course of the year were often judged illegal and were harshly repressed.
Multinationals hostile to trade unions and social dialogue: In oil-rich southern Algeria, workers and their representatives complained throughout the year that the 20 or so multinational companies operating there continually flout labour legislation. However, the authorities ignored all protests by workers and trade unions. Activists who dared challenge decisions they believed to be unjust, or unsatisfactory working conditions, were frequently harassed, threatened or dismissed by their employers. It was extremely difficult for them to get their voice heard. The health of Myriem Mehdien, on hunger strike since 10 November after being unfairly dismissed by British Gas, was causing serious concern by the end of 2009. With the support of her colleagues, she refused to comply with a radical change in her working hours. For several months, she was subjected to threats and pressure. The three-year ordeal faced by Yacine Zaïd also illustrates some employers’ contempt for trade union rights and social dialogue (see “Yacine Zaïd in the face of injustice at Compass” in the Violations section).
Contract teachers’ union targeted by the authorities: Members of the National Council of Contract Teachers (CNEC) were ill-treated by the authorities throughout the year. Many rallies held outside the presidential palace were violently dispersed, notably on 10 February, 23 March and 5 August. During the three week strike by the independent education unions in November, CNEC activists and were beaten and taken in for questioning. The sit-ins by the contract teachers did not stop however. On 4 December, also outside the presidential palace, police officers beat the protesters with their batons. One protester had to be taken to hospital urgently and 12 were arrested and detained for several hours. At the last CNEC rally on 29 December, 38 demonstrators were taken to the police station. It is estimated that there are at least 30,000 contract teachers. Some have lived in this precarious situation for 15 years. Many contract teachers have been unfairly dismissed, particularly because of their trade union activities. They are regularly threatened with legal action, such as the seven teachers summonsed to appear on 6 August by a public prosecutor, even though no complaints had been made against them. In October, a regional CNEC coordinator in Annaba was sentenced to a six-month prison term and a fine of 20,000 DZD (about 200 euros) for carrying a placard and protesting outside the local Education ministry offices.
Authorities try to silence independent union: At the beginning of January, the authorities decided to close down the regional office of the Autonomous Union of Public Administration Personnel (SNAPAP) in Bedjala. They also tried to appoint Felfoul Bekacem as the leader of the organisation, replacing Rachid Malaoui. The latter had been arrested on 6 January in the company of several other trade unionists during a march in support of the people of Gaza. Felfoul Bakacem, the supposed new general secretary of the SNAPAP, had publicly supported President Bouteflika’s bid for a third term.
Prison terms for 15 teaching union members: On 21 January, in Constantine, 15 teachers belonging to the Autonomous National Council of Secondary and Technical School Teachers (CNEPEST) were given two month suspended prison sentences for unlawful assembly, refusing to obey orders and for carrying placards inciting disorder. The events dated back to 2 July 2008, and a sit-in organised outside the Education Department’s offices to protest notably at the non-recognition of their organisation. On 27 April, on appeal, 15 teachers from the independent union were discharged. The CNAPEST publicly denounced the anti-union pressures and the threats made against several local union leaders in towns across the country.
No union at leading mobile phone company Orascom: On 8 March, 200 workers at Orascom Telecom organised a sit-in to protest, notably, against the absence of a union at this subsidiary of the Egyptian group.
Mass dismissal of strikers at Sonatro: On 14 April, 320 workers at the National Roadworks Comany (SONATRO), including 22 activists from the local branch of the General Workers’ Union of Algeria (UGTA), were dismissed for “abandoning their posts”. They had taken protest action to denounce inhuman working conditions, the non-payment of wage-arrears and more generally the poor management and programmed bankruptcy of their company. Management of this former jewel of the economy and the country’s authorities did not respond to any of the appeals for dialogue, despite daily sit-ins outside the company’s head office. On 15 July, one of the dismissed strikers died at home of a heart attack.
Anti-union pressure at Electro-Industries: In Azazga (in the Tizi Ouzou wilaya), management at Electro-Industries resorted to many forms of anti-union pressure and manoeuvres. It refused to meet the local branch of the General Union of Algerian Workers (UGTA), docked strikers wages and submitted complaints against several activists. After two months of protests (March and April), the workers won the agreement of the public authorities to replace their manager.
Sanctions against 11 health workers: In June, in the Mascara wilaya, 11 health sector workers, including several members of the General Union of Algeria Workers (UGTA), were suspended. The local health authorities reinstated them in September. Benbekar Sadek, general secretary of the local branch of the UGTA at the Ghriss hospital was transferred, however. This practice, a sanction against public service workers, has regularly been denounced by UGTA activists. The simple fact of denouncing poor management, deplorable working conditions or the absence of social dialogue can give rise to such sanctions.
80 striking dockworkers dismissed: During a strike that took place from 25 June to 4 July at the Algiers container port, the new management company, the Dubaï Port World group, dismissed 300 dock workers exasperated at the failure to honour promises over pay, as well as deteriorating working and health and safety conditions. The intervention of the National Port Unions of Algeria Coordination (CNSPA) resulted supposedly in the reintegration of the strikers, but yet again the new management failed to keep its word, and refused to reinstate 80 of them.
No social dialogue at Carravic: In August, unions at two production units at the poultry farming company Carravic in El Asnam and Aïn Alloui (in the Bouira wilaya), both affiliated to the General Union of Algerian Workers (UGTA), stopped work for several weeks in protest at management’s disregard for the workers and their representatives.
45 strikers dismissed by soft drinks group Ifri: Management at an Ifri group mineral water bottling unit in Ouzellaguene (in the Béjaïa wilaya) dismissed 45 workers, including three of the four members of the local trade union branch, after a strike from 1 to 4 August. The Algerian Human Rights League (LADH), which defended the dismissed strikers, considered the sanction illegal.
Brutal repression of huge education strike: At the end of the year, the Algerian authorities tried to prevent a strike by the teaching unions by declaring it illegal. The organisations involved included the Autonomous Education Workers’ Union (SATEF), the National Union of Education and Training Workers (UNPEF), the Autonomous National Council of Secondary and Technical School Teachers (CNEPEST), the National Council of Contract Teachers (CNEC) and the Algerian High Schools Council (CLA). The strike, which began on 8 November and finished at the end of November, was one of the strongest in the sector in recent years. Over 500,000 teachers supported the strike, forcing the authorities to negotiate with their representatives. During their rallies, many activists, women as well as men, were beaten and arrested. In one notable incident on 10 November, some 50 teachers were arrested. Meriem Maârouf, President of the CNEP, explained that there were many women among the victims of police brutality, notably a pregnant teacher who had been hit in the stomach and had to be hospitalised. A man lost consciousness after being beaten on the head. Those arrested faced police questioning before being released in small groups in the middle of the night.
Yacine Zaïd in the face of injustice at Compass: At the end of December Yacine Zaïd made his 24th court appearance. He was facing multiple charges from the British group Compass. The company, which provides contract catering and support services for multinationals active in the oil and natural gas industry, dismissed Yacine Zaïd just after the creation of a local branch of the General Union of Algerian Workers (UGTA) and his election as branch leader in December 2006. At least 10 other members of the union were also removed. His only consolation to date is that via his blog Yacine Zaïd has attracted the attention and support of foreign and international trade union organisations (see “Multinationals hostile to trade unions and social dialogue” in “Practice”).

Algérie

Les nombreuses actions de protestation des syndicats autonomes ont été réprimées par les autorités, particulièrement dans le secteur de l’éducation et de la santé. Le militantisme de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) a souvent été ignoré, voire combattu par les employeurs qu’il s’agisse de l’Etat, de sociétés mixtes, privées ou de multinationales. Les amples pouvoirs d’intervention des autorités entravent le droit de grève.

Droits syndicaux dans la législation

L’organisation syndicale est entravée par des restrictions excessives et par les interventions du gouvernement. Pour être reconnu, un syndicat doit représenter au moins 20% des travailleurs d’une entreprise et obtenir l’autorisation préalable du gouvernement.

Les grèves légales sont difficiles à organiser parce qu’elle doivent être précédées d’un vote à bulletin secret de l’ensemble du personnel. En outre, conformément à la loi du 6 février 1990, les autorités peuvent soumettre un conflit du travail à la Commission nationale d’arbitrage. Le gouvernement peut aussi interdire une grève s’il juge qu’elle aura des répercussions économiques graves ou l’assimiler à une action subversive ou terroriste si elle fait obstruction à des services publics ou entrave le trafic ou la libre circulation dans des lieux publics. Enfin, conformément à l’état d’urgence décrété en 1992, les délits précités sont assortis de lourdes peines, y compris de peines de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans.

Droits syndicaux dans la pratique et violations en 2009

Contexte : Le 9 avril, Abdelaziz Bouteflika a été réélu pour un troisième mandat à la présidence du pays avec 90% des voix. Les violations des droits humains ont continué. Fin 2009, la grogne sociale était de plus en plus manifeste. L’inflation a atteint 5,7% en moyenne durant les 11 premiers mois de l’année, mais les prix des produits frais ont explosé (plus de 21%) durant la même période.
Des multinationales hostiles aux syndicats et au dialogue social : Dans le sud algérien très riche en hydrocarbures où opèrent une vingtaine de multinationales, les travailleurs et leurs représentants ont critiqué tout au long de l’année le mépris de plusieurs de ces compagnies pour la législation du travail. Les protestations des travailleurs et de syndicalistes n’ont pas été prises en compte par les autorités. Pour avoir osé contester des décisions qu’ils jugeaient injustes et des conditions de travail insatisfaisantes, des militants ont été fréquemment harcelés, menacés ou licenciés par leurs employeurs. Il leur a été extrêmement difficile de faire entendre leur voix. L’état de santé de Myriem Mehdi en grève de la faim depuis le 10 novembre après avoir été arbitrairement licenciée par la société British Gas était jugé très préoccupant fin 2009. Soutenue par ses collègues, elle avait refusé de se plier à un changement radical de son horaire de travail. Durant plusieurs mois, elle avait fait l’objet de menaces et de pressions diverses. La situation vécue depuis trois ans par Yacine Zaïd illustre aussi le mépris de certains employeurs pour les libertés syndicales et le dialogue social (cf. « Yacine Zaïd face à l’injustice de Compass » dans « violations »).
Les syndicats autonomes continuellement réprimés : Les syndicats autonomes de plus en plus représentatifs ces dernières années dans les secteurs de l’éducation et de la santé ont toujours autant de mal à faire entendre leurs revendications auprès des autorités. Certaines de ces organisations n’ont d’ailleurs toujours pas pu se faire enregistrer et n’ont donc pas d’existence légale. Leurs noms sont parfois usurpés par des dissidents soutenus par le pouvoir pour tenter de saper cette représentativité. Ces organisations autonomes ne sont quasiment jamais consultées. Ainsi, malgré leurs demandes, elles n’ont pas été associées aux négociations salariales triennales en fin d’année. Au refus de reconnaissance et à l’ingérence dont elles sont victimes, il faut ajouter que beaucoup de leurs actions de protestation, très nombreuses tout au long de l’année, ont été jugées illégales et durement réprimées.
Le syndicat des enseignants contractuels en première ligne face aux autorités : Les membres du Conseil national des enseignants contractuels (CNEC) ont, tout au long de l’année, été malmenés par les autorités. De très nombreux rassemblements prévus devant la Présidence de la République ont été dispersés dans la violence, notamment le 10 février, le 23 mars et le 5 août. Durant les 3 semaines de grève des syndicats autonomes de l’éducation en novembre, des militantes et militants du CNEC ont été battus et interpellés. Les sit-in des enseignants contractuels ne se sont pas pour autant arrêtés. Le 4 décembre, toujours devant la Présidence de la République, les policiers ont matraqué les contestataires, l’un d’eux a dû être évacué d’urgence dans un hôpital, une douzaine ont été arrêtés et détenus durant plusieurs heures. Lors du dernier rassemblement du CNEC, le 29 décembre, 38 manifestants ont été embarqués au commissariat. Le nombre des enseignants contractuels est estimé à au moins 30 000 personnes. Certains vivent dans cette précarité depuis une quinzaine d’années. Beaucoup de contractuels ont été révoqués abusivement, notamment en raison de leur militantisme syndical. Ils sont régulièrement menacés par la justice, comme les 7 enseignants convoqués le 6 août par un procureur sans qu’aucune plainte n’ait été dressée contre eux. En octobre, à Annaba, un coordinateur régional du CNEC a été condamné à une peine de 6 mois de prison et à une amende de 20 000 DZD (200 euros environ) pour avoir porté un écriteau et protesté devant la direction locale de l’Education.
Tentative des autorités de museler un syndicat autonome : Début janvier, les autorités ont décidé de la fermeture du local régional du Syndicat autonome des personnels de l’administration publique (SNAPAP) situé à Bedjala. En outre, elles ont tenté de nommer Felfoul Bekacem à la tête de cette organisation à la place de Rachid Malaoui. Ce dernier avait été arrêté le 6 janvier en compagnie de plusieurs autres syndicalistes lors d’une marche de soutien au peuple de Gaza. Quant à Felfoul Bekacem, le prétendu nouveau secrétaire général de la SNAPAP, il avait publiquement appuyé la candidature du président Bouteflika à un troisième mandat.
Peines de prison pour 15 militants enseignants : Le 21 janvier, à Constantine, 15 enseignants membres du Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST) ont été condamnés à 2 mois de prison avec sursis pour attroupement non autorisé, refus d’obtempérer et ports d’écriteaux incitant au désordre. Les faits remontent au 2 juillet 2008, lors d’un sit-in organisé devant le siège de la direction de l’Education pour protester notamment contre la non-reconnaissance de leur organisation. Le 27 avril, en appel, les 15 enseignants du syndicat autonome ont été relaxés. Le CNAPEST a publiquement dénoncé les pressions antisyndicales et les menaces dirigées contre plusieurs responsables locaux dans différentes villes du pays.
Absence de syndicat à Orascom, leader de la téléphonie mobile : Le 8 mars, 200 travailleurs d’Orascom Telecom ont organisé un sit-in pour protester notamment contre l’absence de syndicat dans cette filiale d’un groupe égyptien.
Licenciement massif de grévistes à la Sonatro : Le 14 avril, 320 travailleurs de la Société nationale des travaux routiers (SONATRO), dont 22 militants syndicaux de la section locale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), ont été licenciés pour "abandon de poste". Ils avaient entamé une action de protestation pour dénoncer les conditions de travail inhumaines, le paiement d’arriérés de salaire et, plus globalement, la mauvaise gestion et la faillite programmée de leur entreprise. La direction de cet ancien fleuron de l’économie du pays et les autorités n’ont répondu à aucun appel au dialogue malgré les sit-in quotidiens devant le siège de l’entreprise. Le 15 juillet, l’un des grévistes licenciés est décédé à son domicile d’une crise cardiaque.
Pressions antisyndicales chez Electro-Industries : À Azazga (wilaya de Tizi Ouzou), la direction de la société Electro-Industries a multiplié les manoeuvres et les pressions antisyndicales. Elle a refusé de reconnaître la section syndicale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), a opéré des retenues sur les salaires de grévistes et porté plainte contre plusieurs militants. Après deux mois de protestations (mars et avril), les travailleurs ont obtenu des autorités publiques que le directeur soit remplacé.
Sanctions contre 11 travailleurs de la santé : En juin, dans la wilaya de Mascara, 11 travailleurs du secteur de la santé dont plusieurs syndicalistes de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) ont été suspendus. La direction locale de la Santé les a réintégrés en septembre. Benbekar Sadek, secrétaire général de la section UGTA de l’hôpital de Ghriss a toutefois fait l’objet d’une mutation. Cette pratique qui consiste à sanctionner des travailleurs des services publics a régulièrement été dénoncée par des militants de l’UGTA. Le simple fait de dénoncer une mauvaise gestion, des conditions de travail déplorables ou l’absence de dialogue social peut être à l’origine de ces sanctions.
Quatre-vingts dockers en grève licenciés : Lors d’une grève menée du 25 juin au 4 juillet au port à conteneurs d’Alger, le nouveau gestionnaire, le groupe Dubaï Port World, a licencié 300 dockers exaspérés par les promesses salariales non tenues, la dégradation des conditions de travail, de sécurité et d’hygiène. L’intervention de la Coordination nationale des syndicats des ports d’Algérie (CNSPA) devait permettre la réintégration des grévistes, mais sur ce point aussi, les nouveaux exploitants n’ont pas tenu parole, refusant de réembaucher 80 d’entre eux.
Quarante-cinq grévistes licenciés par le groupe limonadier Ifri : À Ouzellaguene (wilaya de Béjaïa), la direction de l’unité de mise en bouteille d’eau minérale du groupe Ifri a licencié 45 travailleurs dont trois des quatre membres de la section syndicale après un mouvement de grève du 1er au 4 août. La Ligue algérienne des droits de l’homme (LADH) qui a défendu les grévistes licenciés a estimé que la sanction est illégale.
Pas de dialogue social chez Carravic : En août, à l’appel des syndicats affiliés à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) de deux unités de production de la société avicole Carravic situées à El Asnam et Aïn Alloui (wilaya de Bouira), les travailleurs ont stoppé le travail durant plusieurs semaines afin de dénoncer le mépris de la direction à l’égard des travailleurs et de leurs représentants.
Vaste mouvement de grève dans l’éducation et répression brutale : En fin d’année, les autorités algériennes ont tenté d’empêcher une grève des syndicats d’enseignants en la déclarant illégale. Parmi ces organisations, on comptait le Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation (SATEF), l’Union nationale des travailleurs de l’éducation et de la formation (UNPEF), le Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (CNAPEST), le Conseil national des enseignants contractuels (CNEC) et le Conseil des lycées d’Algérie (CLA). La grève qui a démarré le 8 novembre et qui s’est terminée fin novembre, a été l’une des plus dures de ces dernières années dans ce secteur. Plus de 500.000 enseignants ont soutenu cette action, forçant les autorités à négocier avec leurs représentants. Au cours des rassemblements, de très nombreux militants, tant des femmes que des hommes, ont été frappés et arrêtés. En particulier, le 10 novembre quand une cinquantaine d’enseignants ont été arrêtés. Meriem Maârouf, présidente du CNEP a expliqué qu’un grand nombre de femmes se trouvaient parmi les victimes des brutalités policières, notamment une enseignante enceinte qui a été frappée au ventre et qui a dû être hospitalisée, de même qu’un homme qui a perdu connaissance du fait des coups portés sur la tête. Les personnes arrêtées ont subi des interrogatoires avant d’être relâchées par petits groupes au milieu de la nuit.
Yacine Zaïd face à l’injustice de Compass : Fin décembre, Yacine Zaïd en était à sa 24ième comparution devant un tribunal. Il a dû faire face à des accusations multiples du groupe britannique Compass. Cette compagnie qui sous-traite la restauration et d’autres services logistiques pour les multinationales actives dans le secteur des hydrocarbures avait licencié Yacine Zaïd juste après la création d’une section syndicale de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA) et de son élection à sa tête en décembre 2006 . Au moins 10 autres membres du syndicat avaient également été écartés. Seule consolation à ce jour, Yacine Zaïd a réussi, via son blog, à attirer l’attention et à trouver un soutien auprès d’organisations syndicales étrangères et internationales (cf. « Des multinationales hostiles aux syndicats et au dialogue social » dans « Pratiques »).

Licenciements abusifs : L’autre drame du monde du travail en Algérie !

June 6, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

Licenciements abusifs : L'autre drame du monde du travail en Algérie !

Réhabilités par la justice et damnés par leurs entreprises. Ils sont aujourd’hui suspendus au sens propre et au figuré. Leur situation sociale se dégrade et aucune solution ne se profile à l’horizon pour leur permettre de reprendre la vie ordinaire.

Ils sont victimes du principe de la flexibilité du travail introduit dans la législation régissant ce domaine depuis 1996. Ce sont des travailleurs algériens qui « bossaient » pour des entreprises publiques, privées et même pour des firmes étrangères dans le sud du pays. Leurs cas illustrent, on ne peut plus clair, les incohérences du monde du travail en Algérie et surtout le poids « léger » de la justice algérienne. La problématique concerne des centaines de travailleurs licenciés ou suspendus arbitrairement par leurs employeurs. Ces derniers défient même la justice qui exige, souvent, la réintégration des travailleurs licenciés, en vain. Portraits de cadres et de simples travailleurs vivant l’enfer au quotidien... Au moment où le gouvernement s’affaire à placer de nouveaux demandeurs d’emplois, des centaines d’employés grossissent les rangs des chômeurs en Algérie. Leurs torts est d’avoir tenté de créer un syndicat, de dénoncer une mauvaise gestion ou, tout simplement, de n’être pas en bons termes avec leur patron. Ces « erreurs », ils les ont payées cash, en se retrouvant en dehors du circuit du travail.

« Des employeurs au-dessus de la loi »

La pénalité est doublée quand ils s’engagent dans un labyrinthe judiciaire et l’effort peu fructueux. Malgré des verdicts qui leurs sont favorables, ces victimes de l’arbitraire « made in Algeria » ne voient toujours pas le bout du tunnel. Nous avons rencontré certains d’entre eux. Ils témoignent. « Je vis un véritable calvaire », lance, avec amertume, Derras Farid, 45 ans, marié et père de quatre enfants. Ce technicien en hygiène et sécurité à la direction régionale d’Oran de la Société nationale des tabacs et allumettes (SNTA) n’en peut plus. Pour avoir dénoncé des détournements d’argent au sein de la société, Derras Farid a été suspendu, le 16 décembre 2001. Neuf ans après, sa situation n’est toujours pas claire. Il a pourtant gagné trois procès, mais les décisions de justice, prononcées au nom du peuple algérien qui exigent sa réintégration, n’ont jamais été appliquées. La direction de la SNTA refuse d’appliquer la décision de justice malgré l’astreinte comminatoire (2000 DA/jour) qui lui a été infligée par le tribunal. « En 2008, j’ai même tenté d’intenter une action en pénal contre la direction conformément à l’article 138 du code pénal qui considère le refus d’application de la décision de justice comme un délit sanctionné pénalement. Ma tentative s’est heurtée à l’opposition du procureur général qui m’a dit clairement que je n’avais pas le droit de le faire, sous prétexte que mon affaire est sociale », explique-t-il. Notre interlocuteur se dit désabusé. « Après 20 ans de service, voilà comment on m’a récompensé, pourtant, ma dénonciation s’est avérée juste. J’ai vraiment l’impression que l’administration algérienne est au-dessus du peuple », lance-t-il. Algérie Poste (AP), une autre entreprise publique et une autre opposition à une application d’une décision de justice. Il s’agit du cas de Hakim Addad, assistant de direction, chargé de la communication à AP. Engagé en 2007 et confirmé à son poste, une année après (en mai 2008), ce jeune cadre est suspendu aussitôt confirmé. Le changement à la tête de la direction de AP était pour lui synonyme de tous les malheurs. Il est suspendu quelques mois après. Depuis, il ne voit rien venir. « La suspension ne devrait pas dépasser 60 jours. Pour moi, la sanction abusive dure depuis près de deux ans », souligne Hakim Addad.

La justice impuissante

Cette suspension l’a contraint à mener une bataille procédurale et judiciaire très coûteuse qui s’est soldée par deux décisions de réintégration qui ne sont toujours pas appliquées. « J’ai eu deux décisions du tribunal qui exigent ma réintégration et auxquelles la direction d’AP ne veut pas se soumettre. C’est une preuve par 9 que la justice est impuissante », lance-t-il. L’affaire de Hakim Addad n’est pas encore résolue. Avec son avocat, ils mènent toujours cette lutte contre une administration publique qui fait obstruction à l’application de loi de la République. La SNTA et AP ne sont pas les seules entreprises publiques qui commettent ces infractions. Selon des avocats que nous avons contactés, des centaines de fonctionnaires et travailleurs anonymes souffrent toujours de l’arrogance de leurs employeurs. Ils n’ont pas les moyens de faire entendre leur voix. Certains d’entre eux, faute de moyens financiers qui leur permettent d’assumer les frais de la justice, abandonnent carrément la bataille et partent à la recherche d’un autre emploi. La question des financements est un problème qui rend encore plus complexe la tâche du justiciable. Et pour celui qui a perdu son emploi, le recours à la justice devient un rêve irréalisable. « La non-application des décision de justice et le manque de ressources financières nécessaires poussent souvent les victimes des licenciements à commettre l’irréparable en voulant se faire justice. Du coup, les affaires qui étaient des conflits sociaux au début deviennent des délits traités par les chambres pénales », déplore un avocat. Firmes internationales : des zones de non-droit Comme dans les entreprises publiques, le refus d’application des décisions de justices est légion au niveau des entreprises étrangères activant en Algérie. Exploitant des brèches dans la législation du travail en Algérie, certaines d’entre elles sévissent contre tout travailleur qui leur tient tête. De véritables zones de non droit. Le cas de Meriem Mehdi, licenciée par British Gas en novembre 2009, n’est que la partie visible de l’iceberg. Le recours au licenciement ou à la suspension des travailleurs est « le sport préféré » de certains responsables des entreprises étrangères en Algérie. Pour une simple tentative de création d’un syndicat, des travailleurs algériens sont mis à la porte. Le rêve de travailler pour une entreprise étrangère devient alors un cauchemar. C’est le cas de Ali Nouar, 45 ans et père de trois enfants. Ce comptable est licencié par son employeur, l’entreprise multinationale MiSwacom Algeria (Hassi Messaoud) en novembre 2008. Motif : création d’une section syndicale. « Mon licenciement est intervenu après une année de harcèlement moral ; ils (les responsables) ne me confiaient aucun travail et j’étais obligé de rester dans mon bureau des heures durant sans rien. Tout cela pour me pousser à commettre l’erreur qui servirait de justification pour mon licenciement.

Exaspérés, les responsables de Miswacom ont saisi l’occasion de mon absence (j’ai pris un congé) pour me licencier », raconte-t-il. Ali Nouar s’engage lui aussi dans une bataille judiciaire. Il obtient en janvier 2010 un jugement favorable, la justice ordonne sa réintégration, mais l’employeur refuse d’abdiquer. « Je suis vraiment déçu. Si la justice n’est pas capable de faire appliquer ses propres décisions, pourquoi on nous oblige à poiroter pendant longtemps dans les couloirs des tribunaux », tonne-t-il. Ali Nouar ne cache pas son ressentiment. « C’est la hogra pure est simple. Les Algériens dans les entreprises étrangères sont des citoyens de deuxième degré », dénonce-t-il. Ammar Merzoud, 49 ans, père de deux enfants, a connu le même sort. Chef de cuisine à l’entreprise, Eurest, ce dernier a été suspendu et poursuivi en justice, le 26 décembre 2006, pour avoir participé, lui aussi, à une tentative de création d’une cellule syndicale. « Au bout de quatre années de lutte, j’ai obtenu, en février 2010, une décision de justice qui demande ma réintégration. Une décision que Eurest n’a appliquée que partiellement en me versant une indemnité de 300 000 DA. Moi j’exige ma réintégration », déclare-t-il, en décrivant ce qui se passe au niveau des bases pétrolières du sud du pays comme « l’esclavagisme moderne ». Au niveau de la même entreprise, Yacine Zaïd, 39 ans, subit un harcèlement judiciaire épouvantable. Son histoire est rocambolesque. Il passe en l’espace de quelques mois d’un travailleur gentil que l’on récompense pour son sérieux dans le travail à un diable à combattre par tous les moyens.

Le code du travail mis en cause

Outre son licenciement pour avoir créé un syndicat dont il est le secrétaire général, le jeune homme a été traîné à maintes fois devant les tribunaux. « Pour des histoires montées de toutes pièces », précise-t-il. L’avalanche de procès continue de tomber sur sa lui. Malgré la forte solidarité dont il a bénéficié de la part des syndicats autonomes, Yacine Zaïd n’a toujours pas récupéré ses droits. Comme lui et les personnes qui ont témoigné dans ce dossier, des centaines, voire des milliers de travailleurs et cadres algériens ont perdu leurs droits les plus légitimes. Des droits sacrifiés sur l’autel du code du travail et les limites de la justice. Car, explique Noureddine Benyessad, avocat et vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), le problème dont souffre le travailleur algérien actuellement remonte à 1996.

Le conseil national de transition (CNT) a voté un amendement de l’article 73 du code du travail qui permet à l’employeur de verser à son employé licencié une indemnité au lieu de le réintégrer. « Auparavant, le problème ne se posait pas », relève-t-il. Selon lui, la justice ne dispose pas de suffisamment de moyens pour faire appliquer ses propres décisions. Mais l’indemnité remplace-t-elle la perte d’un emploi ? Les victimes et les avocats s’accordent à affirmer que rien ne remplace la perte du poste de travail. « En plus de l’insuffisance de la somme versée, les travailleurs licenciés devront chercher un nouveau travail toujours difficile à trouver », ajoute Nesreddine Lezzar, avocat. Les retards dans l’application des décisions de justice ou sa non application engendrent d’autres conséquences pour la personne qui en est victime. « Dans ce genre de situation, tu ne peux pas cotiser à la sécurité sociale et par ricochet tu ne pourra pas rembourser tes médicaments. Donc, ce sont des charges supplémentaires qu’un travailleur sans ressources financières doit assumer comme il peut », regrette encore Hakim Addad. Et d’ajouter : « Je dis au ministre du Travail, Tayeb Louh, qui avait demandé à Meriem Mehdi d’arrêter sa grève de la faim et de recourir à la justice pour récupérer ses droits, qu’il faut d’abord revoir cette disposition du code du travail qui consacre la précarité ».

Par Madjid Makedhi Elwatan

Consideration of reports submitted by States parties under Articles 16 and 17 of the Covenant

June 2, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

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Consideration of reports submitted by States parties under Articles 16 and 17 of the Covenant

                   Concluding Observations of the Committee on Economic, Social and Cultural Rights

               Algeria

1.            The Committee on Economic, Social and Cultural Rights considered the combined third and fourth periodic reports of Algeria on the implementation of the International Covenant on Economic, Social and Cultural Rights (E/C.12/DZA/4) at its sixth, seventh and eighth meetings, held on 5 and 6 May 2010 (E/C.12/2010/SR.6, 7 and 8), and adopted, at its twentieth meeting held on 17 May 2010, the following concluding observations.

          A.    Introduction

2.            The Committee welcomes the submission of the combined third and fourth periodic reports of Algeria and the written replies to its list of issues. The Committee appreciates the frank and constructive dialogue with the delegation of the State party that included representatives from various Ministries with expertise on the subjects covered by the Covenant. It also takes note that the combined third and fourth periodic reports of Algeria were submitted five years late.

           B.    Positive aspects

3.            The Committee welcomes the progress achieved in the following matters:

(i)       the ratification, on 8 March 2004, of the Convention on the Political Rights of Women;

(ii)the reduction of the poverty ratio by half since 2000 (from 12.1 per cent in 2000 to 5.7 per cent in 2005), maintenance of extreme poverty at a marginal level, including through direct and indirect financial assistance, such as price support measures and subsidies to the health sectors and social welfare institutions;

(iii)      the adoption in 2008 of the Plan of Action for the Promotion of Employment;

(iv)     the implementation of a farmer debt relief program that reduced the credit burden of farmers during the global financial crisis;

(v)       the significant increase in national enrolment rates in primary education (98 percent in 2007);

(vi)     the enrolment of children of foreign nationals residing in Algeria, depending on their choice and circumstances, in Algerian schools;

(vii)    the creation of the National Pedagogical and Linguistic Centre for the Instruction of Tamazight (CNPLET) by Executive Decree No.03-470 of 2 December 2003.

          C.    Factors and difficulties impeding the implementation of the Covenant

4.            The Committee notes the absence of any significant factors or difficulties preventing the effective implementation of the Covenant in the State party.

          D.    Principal subjects of concerns and recommendations

5.            The Committee is concerned that there is an absence of jurisprudence invoking the Covenant provisions, despite the primacy of the Covenant over national law established by article 132 of the Constitution.

The Committee recommends that the State party take effective measures to increase awareness of Covenant rights among the judiciary and the public at large, and to ensure that judicial training take full account of the justiciability of Covenant rights. The Committee draws the attention of the State party to its General Comment No.9 (1998) on the domestic application of the Covenant.

6.              The Committee is concerned that the “Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme” (CNCPPDH) is still not fully in compliance with the Paris Principles (General Assembly resolution 48/134 of 20 December 1993), as reflected in its B status accorded to it in 2009 by the International Coordinating Committee of National Institutions for the Promotion and Protection of Human Rights, despite the recent strengthening of its monitoring role, including through detention visits

The Committee recommends that the State party take steps to strengthen the CNCPPDH in order to bring it fully into line with the Paris Principles, and ensure its effective and independent functioning including through regular public annual and thematic human rights reporting, clear and transparent nomination and dismissal procedures, and strengthened participation with and within the international human rights system. In this regard, it draws the attention of the State party to its General Comment No. 10 (1998) on the role of national human rights institutions in the protection of economic, social and cultural rights.

7.            The Committee notes with concern that corruption remains widespread, despite recent efforts to curb the phenomenon, including the passing of Law Nr. 06-01 establishing a national anticorruption program. (article 2(1))

The Committee recommends that the State party take immediate steps to establish the National Anti-Corruption Agency, as foreseen in Law no. 06-01 of 6 February 2006, and grant it the appropriate powers and resources to ensure its effectiveness and independent functioning. The Committee also urges the State party to take further steps to fight corruption, including training of law enforcement officers, prosecutors and judges on the application of the anti-corruption legislation, organizing awareness-raising campaigns, and ensuring the transparency of the conduct of public authorities.

8.            The Committee notes with concern that, despite the amendments to the Constitution through article 31(bis) of Act No.08-19 of 15 November 2008, the Family Code and the Nationality Code, de iure and de facto inequalities continue to exist between men and women, in particular the persistence of stereotypes, attitudes and patriarchal traditions on family and societal roles of men and women. It is also concerned about discrimination against women, in particular regarding inheritance rights, a lower representation of women in decision-making and public positions, and wages that are nearly a third of those for men. (article 3)

The Committee recommends that the State party introduce further legislative amendments to eliminate all forms of discrimination against women, and adopt temporary special measures aimed at increasing the representation of women in public office and decision-making positions. The Committee also recommends that the State party take measures to reduce the wage gap between men and women. The Committee furthermore recommends that the State party increase its efforts to promote equality between women and men at all levels of society, including those aimed at eliminating stereotypical attitudes and traditional norms about the responsibilities and roles of women and men in the family and society. It draws the attention of the State party to its General Comment No.16 (2005) on the equal right of men and women to the enjoyment of all economic, social and cultural rights.

9.            The Committee, despite the general decrease in unemployment, notes with concern the high level of unemployment among women (ONS 2009 figure: 18.1 percent) and younger Algerians (official figure: 75 percent of the unemployed are younger than 30 years). The Committee also notes with concern that, in 2008, only 33.7 percent of the total workforce was in permanent salaried employment and that a significant proportion of new jobs are home-based and of a temporary nature. (article 6)

The Committee recommends that the State party take effective measures to decrease the unemployment rate among women and younger Algerians, including through temporary special measures. The Committee emphasizes the importance of the creation of stable employment opportunities for both groups in the implementation of the 2008 Plan of Action for the Promotion of Employment. The Committee also recommends that the State party establish a national mechanism to monitor the implementation of the plan of action, and that numerical targets be set as well as a time frame for its implementation. The Committee draws the attention of the State party to its General Comment No.18 (2005) on the right to work.

10.         The Committee notes with concern that the current minimum wage, as set by a tripartite social pact in 2009, does not provide a decent standard of living for workers and their families. The Committee is also concerned that the wage levels of public sector employees, in particular in the health and education sectors, place many in a precarious situation, often compounded by temporary contracts without maternity leave or sick leave entitlements. (article 7)

The Committee recommends that the State party conduct an urgent review of the current national minimum wage to determine its sufficiency, and to take the necessary measures to ensure that it provides an adequate standard of living for workers and their families. The Committee also recommends that the State party take immediate steps to address the low wage levels of public sector employees, and in particular improve the conditions of work and social protection of employees in the health and education sectors.

11.         The Committee is concerned that the State party systematically restricts the activities and actions undertaken by autonomous public sector trade unions, through administrative, police and judicial interference. The Committee is also concerned that workers are required to obtain government authorization to strike and to form a trade union, and that autonomous trade unions are excluded from negotiation processes and social dialogue. (article 8)

The Committee recommends that the State party take immediate measures to guarantee the effective and independent functioning of autonomous public sector trade unions, and ensure that the right of everyone to form trade unions as well as the right of trade unions to establish national federations or confederations is facilitated and respected in practice.

12.         The Committee is concerned that in order to be eligible for unemployment benefit, an employee must, inter alia, have been affiliated with the social security system for a cumulative period of at least three years, and have been a regular employee of the organization concerned before being made redundant. (article 9)

The Committee recommends that the State party extend the eligibility criteria for access to unemployment benefits in order to include all unemployed persons and ensure that all persons whose applications have been approved promptly receive benefits.

13.         The Committee is concerned that the access of families of disappeared persons to social security benefits, including pension and child education benefits, is made conditional upon the family obtaining a court declaration that the disappeared relative has died. (article 9)

The Committee recommends that the State party take measures to ensure that families of disappeared persons have unconditional access to social security, in particular pension and survivor benefits and child benefits. It draws the attention of the State party to its General Comment No.19 (2008) on the right to social security, which refers to the core obligation of a State party to ensure the right of access to social security systems or schemes on a non-discriminatory basis, especially for disadvantaged and marginalized individuals and groups.

14.         The Committee is concerned that, despite the amendments to the Family Code in 2005, polygamy is still allowed, that the legal requirement of the institution of the marital guardian is not abolished, and that article 30 of the Family Code continues to prohibit marriages of Muslim women to non-Muslims. (articles 10, 3 and 2(2))

The Committee recommends that the State party further revise the Family Code to ensure that polygamy is outlawed, that the legal requirement of the institution of the marital guardian is abolished, and that a marriage concluded between a Muslim woman and a non-Muslim man is fully recognized by law without exception.

15.         The Committee is concerned that violence against women, including spousal abuse, continues to be a wide-spread problem in State party. The Committee is also concerned that domestic legislation does not contain specific provisions prohibiting and criminalizing domestic violence, including marital rape, and that corporal punishment against children within the family and alternative care settings is not prohibited. (article 10)

The Committee recommends that the State party amend legislation, including the Penal Code, prohibiting and criminalizing domestic violence, including marital rape, as well as prohibiting corporal punishment of children within the family and alternative care settings.

16.         The Committee is concerned about the absence of targeted measures of rehabilitation for victims of sexual violence, especially perpetrated by armed groups. (article 10)

The Committee recommends that the State party fully recognize the status of victims of sexual violence, especially perpetrated by armed groups, and adopt urgent measures for their medical, psychological and social rehabilitation.

17.         The Committee is concerned about the high rate of child labour in the country, with estimates of approximately 300,000 children under 16 years of age who are working. (article 10)

The Committee recommends that the State party intensify efforts to combat child labour, including through systematic and effective labour inspections and urgent controls by social services, mandatory training for the police, and awareness raising campaigns for children and parents on the dangers of child labour and the importance of education.

18.         The Committee reiterates its deep concern about the acute housing shortage in the State party, the high number of persons living in slums, estimated at some 1.2 million, and vulnerable to forced evictions, the low implementation level of official construction projects, and the disproportionally low budget level for housing (in 2010 the budget for the housing sector is forty times smaller than that for national defense). The Committee is also deeply concerned about reports of favoritism in relation to the allocation of social housing units, which is not transparent and equitable.

The Committee recommends that the State party urgently address the acute housing shortage by adopting a national strategy and a plan of action on adequate housing, drastically increase its national housing budget to an appropriate level commensurate with the extent of the problem, and ensure that plans to construct new social housing units are fully implemented, especially aimed at disadvantaged and marginalized groups and individuals, including those living in slums. It also recommends that the State party ensure that social housing allocation is transparent and equitable. In this regard, it draws the attention of the State party to its General Comment No. 4 (1991) on the right to adequate housing. The Committee also urges the State party to ensure that persons who are forcibly evicted are provided with adequate compensation or alternative accommodation in accordance with a legal framework that complies with the guidelines adopted by the Committee in its General Comment No.7 (1997) on forced evictions. The Committee also reiterates its request to the State party to provide in its next periodic report detailed information on the incidences of forced evictions and extent of homelessness in the State party and the measures taken to address these problems.

19.         The Committee is concerned that many internally displaced persons, following the violence between 1992 and 2002, continue to live in slums and that return to their areas of origin is slow, due to the inadequate standard of living in those rural areas, among other factors. (article 11)

The Committee recommends that the State party implement measures to facilitate the return of internally displaced persons to their areas of origin, including by taking steps to increase the standard of living in rural areas, focusing in particular on access to safe drinking water, general infrastructure and access to quality health care services.

20.         The Committee is concerned that people living in rural areas face considerable difficulties in accessing health care due to an unequal geographic distribution of care facilities and medical practitioners. The Committee is also concerned about the availability of medicines, the insufficient quality of health care in terms of building maintenance, hygiene, and reception of patients, as well as the poor conditions of work of health care professionals. (article 12)

The Committee recommends that the State party take urgent measures to ensure universal physical and economic access to primary health care. It recommends that the State party address the low wage levels and conditions of work of health care professionals, and ensure an adequate provision and distribution of medicines and material in public health establishments. The Committee draws the attention of the State party to its General Comment No.14 (2000) on the right to the highest attainable standard of health. The Committee also requests the State party to provide in its next periodic report information on policies and measures taken with regard to education in sexual and reproductive health.

21.         The Committee is concerned that there are regional disparities in access to education and enrolment rates, that in the most populated wilayas the student-to-teacher ratio is very high, sometimes up to 40 students per class, and that the State party’s educational system is characterized by a high school drop-out rate (less than 50 percent of primary school students go on to the secondary level, and only 12 percent of the primary school students obtain a higher educational degree). (articles 13 and 14)

The Committee recommends that the State party take urgent measures to address regional disparities in access to education and enrolment rates through the creation of new establishments and the expansion of the school transport system. It also recommends that the State party take steps to increase the number of school teachers at all levels, and to improve the conditions of work of educational personnel, including wage increases. The Committee draws the attention of the State party to its General Comment No.13 (1999) on the right to education.

22.         The Committee is concerned that the Amazigh language has not yet been recognized as an official language, despite its recognition in 2002 as a national language, and that the teaching of the Amazigh language is not generally available to all age-levels and in all regions. (article 15)

The Committee recommends that the State party recognize the Amazigh language as an official language, and further strengthen its current efforts to ensure the teaching of the Amazigh language and culture in all regions and at all education levels, including through increasing the number of qualified Amazigh language teachers. The Committee draws the attention of the State party to its General Comment No. 21 (2009) on the right of everyone to take part in cultural life.

23.         The Committee recommends that the State party consider, based on the principles of necessity and proportionality, lifting the protracted state of emergency, in place since 1992, insofar as it has a negative effect on the enjoyment of economic, social and cultural rights in the State party. (articles 4 and 5)

24.         The Committee encourages the State party to consider signing and ratifying the Optional Protocol to the Covenant.

25.         The Committee requests the State party to disseminate the present concluding observations widely among all levels of society, in particular among State officials, the judiciary and civil society organizations, to translate and publicize them as far as possible, and to inform the Committee on the steps taken to implement them in its next periodic report. It also encourages the State party to continue engaging the national human rights institution, non-governmental organizations and other members of civil society in the process of discussion at the national level prior to the submission of its next periodic report.

26.         The Committee requests the State party to submit its fifth periodic report, prepared in accordance with the revised reporting guidelines of the Committee, adopted in 2008 (E/C.12/2008/2), by 30 June 2015.

                                     

La fermeture arbitraire de la Maison des syndicats autonomes algériens doit être annulée

May 24, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

Le jeudi 13 mai 2010, le wali (préfet) d’Alger a ordonné la fermeture administrative de la Maison des syndicats autonomes algériens, dont le Syndicat national autonome du personnel de l’administration publique (SNAPAP) est locataire, privant ainsi celui-ci de son siège social et de ses bureaux. Cette décision est intervenue à la veille de la tenue d’une rencontre du Forum syndi-cal maghrébin (FSM) réunissant des syndicalistes d’Algérie, d’Égypte, de France, d’Italie, du Maroc, de Mauritanie et de Tunisie, rencontre qui devait se dérouler à la Maison des syndicats.

Certains des prétextes allégués par le wali prêteraient à rire s’ils n’étaient la manifestation d’une volonté affirmée de nuire aux syndicats indépendants (le local aurait été transformé « en un lieu de rencontre des jeunes filles et jeunes hommes » et serait cause de « trouble à l’ordre pu-blic »). Car le vrai motif de la fermeture, énoncé en violation des lois en vigueur, est l’« invitation de personnes étrangères pour participer a des rassemblements sans autorisations ni déclarations auprès des services concernés ».

Cette fermeture arbitraire n’a pas empêché la tenue du FSM, prévu de longue date et organisé par les syndicats autonomes algériens. La réunion a bien eu lieu, les 15 et 16 mai, grâce au sou-tien du Front des forces socialistes (FFS), qui a prêté ses locaux pour l’occasion. Cela démontre le ridicule des basses manœuvres du pouvoir : les autonomes ont réussi à tenir ce forum, mar-quant une étape importante dans la constitution d’un front syndical maghrébin et permettant de dénoncer la pression permanente que subissent les autonomes de la part de la police politique, le DRS.

Le CISA dénonce fermement cette nouvelle violation des droits fondamentaux par le pouvoir algérien, en l’occurrence le droit à un syndicalisme indépendant et celui de tenir des réunions publiques dans des lieux privés. Le CISA continuera à apporter tout son soutien aux syndicats autonomes, notamment pour la réouverture sans délai de la Maison des syndicats.

CISA mercredi 19 mai 2010

Algérie : De la montée en puissance de la répression policière dans un pays en pleine crise sociale

April 9, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

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jeudi 8 avril 2010, par S.I.

Le réseau des syndicats EuroMaghreb a décidé, lors d’une réunion en janvier, au regard de l’évolution de la situation sociale et du témoignage des syndicalistes autonomes, d’organiser une délégation de soutien et d’observation à Alger au mois de mars 2010.

Le but de cette délégation était, outre l’expression d’une solidarité internationale, de collecter le plus de témoignages et d’informations possibles sur l’évolution de la situation sociale et sur l’attitude du pouvoir algérien face aux mouvements syndicaux.

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Nous avions notamment été alertés par le refus de visa par le consulat français général d’Annaba au représentant du Snapap, membre du réseau, qui devait participer à cette réunion.

À ce jour, nous n’avons toujours pas reçu de réponses satisfaisantes concernant les raisons de ce refus de la part des autorités consulaires françaises. Le consul général d’Alger, qui a reçu l’un des membres de la délégation, nous a cependant assuré que les autorités françaises n’avaient reçu aucune consigne de « blocage » des visas pour les autonomes algériens.

Des représentants de la CGT espagnole, de la CNT et de l’Union syndicale solidaires ont ainsi pu rencontrer l’ensemble des actrices et acteurs de l’Intersyndicale de la fonction publique autonome, des militants de la défense des droits de l’homme, des journalistes d’El Khabar et d’El Watan ainsi que des employés licenciés pour activités syndicales dans des multinationales présentes au sud du pays, notamment à Hassi-Messaoud.

À noter également, les organisations syndicales présentes sont adhérentes du Comité international de soutien aux syndicats autonomes algériens (CISA).

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Le but de ce rapport est de dessiner une image la plus fidèle possible de la situation sociale en Algérie. D’emblée, nos conclusions nous amènent à constater une nette dégradation de celle-ci, liée à la paupérisation croissante de la population et à la répression accrue des mobilisations des principales forces démocratiques, les syndicats autonomes de l’éducation et de la santé principalement.

État des lieux en Algérie une société civile atomisée, la montée des émeutes et de la révolte dans une population paupérisée

Le salaire mensuel moyen algérien correspond à 120 euros environ. Or le coût de la vie à Alger est l’équivalent de celui de Marseille aujourd’hui. Les denrées alimentaires de base deviennent inaccessibles, se loger est très difficile également, en raison du manque de logements suffisants et du prix de ceux encore disponibles. Le salaire mensuel moyen d’un enseignant oscille entre 250 et 350 euros.

Les classes moyennes, si elles peuvent encore être appelées ainsi, ont été très durement touchées par cet effondrement du pouvoir d’achat lié à une inflation galopante. Le taux de chômage chez les jeunes de moins de 25 ans est de près de 40 % ! Pourtant, l’Algérie a aujourd’hui remboursé sa dette extérieure, le PIB est positif et le pays dispose de près de 150 milliards de dollars de réserves, essentiellement déposés sur des comptes à l’étranger. Les réserves en hydrocarbures (qui assurent 98 % des exportations) sont également importantes.

Comment expliquer cette situation ? Il est évident qu’une partie de ces ressources sont captées depuis des années par une minorité au pouvoir, au sein de laquelle les gradés du DRS (Direction du renseignement et de la sécurité), la police politique omniprésente, sont les premiers à se servir. La prétendue et très médiatisée lutte anticorruption qui est sensée se jouer aujourd’hui en Algérie ne saurait masquer un état de fait : dans le pays, la corruption est « sponsorisée par l’État », à tous les niveaux, comme le remarquait l’un de nos interlocuteurs.

Il n’est donc pas étonnant que des émeutes éclatent de plus en plus fréquemment dans tout le pays, que ce soit à la suite d’une coupure d’électricité ou d’un match de foot perdu, ou encore pour protester contre l’état des routes, le manque de logements, etc. Ces émeutes atteignent aujourd’hui certains quartiers d’Alger.

Lors de nos entretiens, les membres de la LADDH (Ligue algérienne de défense des droits de l’homme) ont insisté quant à eux sur l’atomisation de la société civile algérienne, due en partie à des raisons historiques et en partie à la volonté du pouvoir de restreindre les espaces de dialogue et de revendications entre les citoyens.

Pendant la colonisation, le tissu de la société algérienne se composait essentiellement de différentes minorités (ethniques, politiques et religieuses). Ce morcellement s’est reproduit après l’indépendance. Ainsi, selon l’un des membres de la LADDH, l’Algérie est encore aujourd’hui une « société de minorités dans un régime néocolonialiste ».

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Une élite dominante a livré le pays, notamment, aux multinationales étrangères en se servant grassement au passage.

Les seuls espaces d’expression et de débat restent les salles des professeurs ou les salles de repos dans les lycées et hôpitaux, par exemple. Il y a encore la solidarité familiale, nécessaire tout simplement à la survie de certains travailleurs dans ce contexte économique, mais plus de solidarité civile.

La grande majorité des associations sont sous contrôle et ne servent que de façade sociale au régime. De même, l’information est contrôlée, la désinformation une règle dans beaucoup de journaux aux ordres. Les deux principaux quotidiens indépendants, qui ont leurs propres infrastructures d’édition, sont El Watan (en français) et El Khabar (en arabe).

Ils témoignent régulièrement de la répression qui frappe les syndicats autonomes. La plus grande difficulté que rencontrent les journalistes, selon le témoignage de ceux d’El Khabar, est la collecte d’informations vérifiables de façon rigoureuse.

Il n’y a pas de fluidité et de transparence dans la circulation des informations dans le pays. Il faut aussi se méfier des rumeurs, des fausses informations destinées à intoxiquer l’opinion publique ou à brouiller une réalité gênante dans les sphères du pouvoir. Faire circuler de fausses informations permet ainsi de discréditer les organes de presse.

Les journalistes évoquent ensuite une importante pression sociale aujourd’hui dans le pays. Après une longue période dominée par une grande léthargie, les revendications se multiplient.

L’embellie financière, comme nous le remarquions, n’a pas été suivie d’une évolution palpable dans le domaine social. Ainsi, l’écart entre la situation sociale et la situation économique réelle s’est accentué. Les droits civiques élémentaires (droit au logement, accès aux soins, niveau de vie…) sont toujours moins garantis et ce malgré les promesses de changement. La société civile ne reconnaît plus ses représentants : partis, centrale syndicale historiquement aux ordres (l’UGTA), syndicats prétendument autonomes qui font un travail de sape systématique en brouillant les repères et les distinctions dans l’espace public, associations vendues…

Sur quoi cela va-t-il aboutir ? Le pouvoir a créé un vide, le système est arrivé à une impasse. Dans un pays en pleine tourmente sociale, les forces de résistance démocratique risquent bien de subir les premières un resserrement par des tentatives de plus en plus violentes de mise au pas.

Grèves et mouvements sociaux initiés par les syndicats autonomes Stratégies du pouvoir et montée en puissance de la répression

La délégation a pu rencontrer durant son séjour les représentant-e-s des syndicats autonomes de l’Intersyndicale de la fonction publique : le SNAPAP (Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique, dont le président est Rachid Malaoui), la coordination des sections CNES (Conseil national de l’enseignement supérieur, CNES authentique, à ne pas confondre avec son clone gouvernemental), le SATEF (Syndicat autonome des travailleurs de l’enseignement et de la formation, lui aussi doublé d’un clone), le CLA (Conseil des lycées d’Alger), le Conseil des enseignants contractuels (SNAPAP), le SPEPM (Syndicats des professeurs de l’enseignement paramédical) et le Comité des femmes (SNAPAP).

Nous avons également pu rencontrer le CNAPEST (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique, à ne pas confondre avec le SNAPEST), alors en pleine grève (voir communiqué du CISA ci-après) ainsi que le SNPSP (Syndicat national des praticiens de la santé publique) et le SNPSSP (Syndicat national des praticiens spécialistes de la santé publique), eux aussi en grève lors de notre visite.

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Dans le secteur de la santé et de l’éducation, depuis 2009, il y a plusieurs mouvements significatifs et suivis par les travailleurs.

Ces mouvements sont dus pour l’essentiel aux initiatives des syndicats rencontrés et ont fait l’objet de nombreuses tentatives d’intimidation et de répression de la part du pouvoir (matraquages, gardes à vue, suspensions, poursuites judiciaires, menaces de retrait de l’agrément du syndicat, etc.).

Il faut noter encore que des grèves ont également été menées dans d’autres secteurs de la fonction publique – les enseignants et travailleurs de la formation professionnelle, les enseignants contractuels, les travailleurs communaux par exemple –, qui ont aussi dû faire face à la répression et à de nombreuses pressions.

Bref rappel de la situation syndicale en Algérie

Jusque dans les années 1990, il n’existait depuis l’indépendance en 1962 qu’une centrale syndicale autorisée par le pouvoir et à ses ordres : l’UGTA (Union générale des travailleurs algériens). La brève période d’« ouverture démocratique » (de février 1989 à juin 1991) a permis, grâce à la loi 90-02 sur le pluralisme syndical, la naissance des premiers syndicats autonomes : le Snapap et le Satef. Ces syndicats sont d’abord vus par le pouvoir comme un moyen d’enrayer le développement des syndicats du FIS (Front islamique du salut).

Mais après le coup d’État militaire de janvier 1992 et durant les terribles « années de terreur » qui suivront (et qui feront quelque 200 000 morts), puis surtout à partir de l’adoption en septembre 2005 de la « Charte pour la paix et la réconciliation nationale », les syndicats autonomes vont devenir les principales forces de résistance démocratique dans le pays. Désormais gênants et donc indésirables, ils vont subir des pressions croissantes et des harcèlements quotidiens. D’autant plus que le maintien de l’état d’urgence (adopté en février 1992 et toujours en vigueur aujourd’hui) permet d’interdire les réunions publiques, les manifestions et autres rassemblements. Le pouvoir va aussi s’efforcer de corrompre des cadres de ces syndicats et de créer par diverses manoeuvres des organisations « clones »1.

Cette stratégie vise non seulement à affaiblir voire à détruire les autonomes (le CNES en a fait les frais au début des années 2000), mais aussi à brouiller les repères et à discréditer le véritable travail syndical : « négociations » des clones avec le pouvoir en vue d’accords de façade, brouillage des sigles et des réalités auprès des travailleurs et d’une presse trop souvent silencieuse sur ces réalités.

Force est de constater que cette stratégie a une certaine efficacité, comme en témoigne la situation actuelle et le relatif affaiblissement de certains syndicats autonomes. En témoigne aussi la situation dans l’Intersyndicale de l’éducation aujourd’hui et le déroulement des dernières grèves dans le secteur.

Grèves dans le secteur de l’éducation

Les syndicats autonomes de l’éducation sont réellement représentatifs dans le secteur, principalement parce qu’ils sont les seuls à lutter réellement. En 2003 et 2004, une grève qu’ils avaient organisée a été suivie par près de 90 % des personnels à Alger et dans certaines régions.

Ce secteur doit faire face à de nombreuses réformes depuis quelques années, réformes en partie pensées à partir des recommandations de l’OMC (il s’agit évidemment de restructurations visant à réduire les budgets au détriment de la qualité de l’enseignement, comme dans d’autres secteurs, dont aujourd’hui celui de la santé).

En outre, le salaire des professeurs titulaires est très insuffisant, celui des contractuels encore plus précaire, quand il leur est versé — certains ont attendu parfois des mois avant de le recevoir (dans la wilaya de Béjaïa, certains enseignants contractuels n’ont pas été payés pendant trois ans) —, c’est ce qui a conduit à la grève de la faim une partie d’entre eux, des femmes essentiellement, pendant quarante jours en 2008.

Ils réclament également leur titularisation dans la fonction publique, l’ouverture de postes aux concours (ce que le pouvoir ne fait qu’au compte goutte), la transparence dans l’attribution des postes et une couverture maladie.

A l’automne 2009, le 15 novembre précisément, à l’initiative du Cnapest, les autres syndicats autonomes entament une grève, largement suivie dans tous les niveaux du secteur de l’éducation.

Après des annonces du ministère, notamment l’accord de primes supplémentaires, certains syndicats décident de geler la grève tandis que les autres préfèrent continuer dans l’attente de la signature effective de textes. Profitant de cette division, le pouvoir fait publier des fiches de paye d’enseignants, au contenu plus que douteux, afin de retourner l’opinion publique contre les grévistes.

La manœuvre fonctionne, accentue les divisions et les derniers syndicats autonomes en grève décident de reprendre le travail… sans avoir obtenu gain de cause en définitive.

Le 24 février, le syndicat autonome Cnapest, avec un autre syndicat du primaire, l’Unpef, entame à nouveau une grève (voir le communiqué qui suit). Le pouvoir la brise par des manœuvres qui montrent une escalade dans le choix des moyens de répression. Une semaine auparavant, le Snapest, à grand renfort de déclarations publiques, lance seul une grève qui se solde par un échec.

Le Snapest (en réalité un « clone » contrôlé par le pouvoir) ne participera pas à celle qui est lancée le 24….

Aujourd’hui, l’intersyndicale des autonomes de l’éducation apparaît divisée, les manœuvres des clones syndicaux ainsi que l’appareil répressif mis en place par le pouvoir ont affaibli le mouvement.

Comment la police politique a fait pression sur des syndicalistes pour arrêter la grève dans l’éducation (Communiqué du CISA)

Le 9 mars 2010, les enseignants syndicalistes du Cnapest (Conseil national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique) ont décidé de suspendre leur grève.

Massivement suivie dans tout le pays, cette grève aura duré quinze jours. Les revendications des grévistes portaient notamment sur le régime indemnitaire, la gestion des oeuvres sociales et les conditions de travail (salaires dérisoires, suivi des enseignants par la médecine du travail…).

Le CISA, qui a pu recueillir le témoignage de nombreux syndicalistes, tient à faire connaître et à dénoncer les pressions inadmissibles et illégales auxquelles ils ont été soumis de la part du pouvoir pour les contraindre à reprendre le travail : ponctions sur les salaires, menaces de « retrait d’agrément » du Cnapest (alors qu’au regard de la loi, l’agrément du gouvernement n’est pas nécessaire pour fonder un syndicat), menaces de radiation massive des grévistes (mais où trouver dès lors près de 50 000 enseignants ? Cela montre le peu de cas que le pouvoir fait de la qualité de l’enseignement).

La grève a enfin été déclarée « illégale » par une cour d’Alger aux ordres (là encore, décision elle-même totalement illégale). Jusqu’à présent, le pouvoir s’était contenté d’ordonner l’arrêt de certaines grèves, et cela dans l’illégalité encore.

Mais face à cette grève particulièrement déterminée, l’escalade des pressions a atteint un sommet avec des menaces directes formulées par des officiers de la police politique (le DRS, Département du renseignement et de la sécurité, ex-Sécurité militaire) sur les responsables du Cnapest. Ces activités de basse police montrent que le pouvoir algérien entend toujours gérer les conflits sociaux par l’intimidation et la violence.

Le CISA constate donc une escalade dans le harcèlement et la répression que subissent les syndicats autonomes algériens et, plus généralement, toutes les forces qui luttent pour plus de démocratie et de justice dans le pays. Le CISA dénonce fermement les manœuvres des appareils sécuritaires et notamment de la police politique, visant à briser une grève à la fois légitime et légale.

Ces pressions révèlent à nouveau, s’il en était besoin, la nature du pouvoir réel en Algérie, détenu par les chefs d’une police politique qui instrumentalise un gouvernement et une justice aux ordres, et qui n’hésite pas à leur faire bafouer ouvertement les lois d’une « démocratie » de pure façade.

Le CISA réaffirme son soutien sans réserve aux syndicats autonomes algériens.

Grève dans le secteur de la santé

Le 23 novembre 2009, à l’appel du SNPSP et du SNPSSP, les professionnels de la santé se mettent en grève et n’assurent plus qu’un service minimum qu’ils ont eux-mêmes organisé.

La grève est devenue illimitée le 21 décembre. Les revendications portent sur une réévaluation des grilles de salaires, des régimes indemnitaires et des logements de fonction. Un généraliste gagne environ 300 euros par mois, un spécialiste 400.

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Les grévistes dénoncent aussi une réforme qu’ils considèrent comme une privatisation larvée du système hospitalier et du système de santé en général. Le tableau qu’ils nous ont dressé de l’accès aux soins et des carences de moyens est déjà consternant dans son état actuel.

Comme pour les enseignants, la grève a été déclarée illégale par une cour de justice d’Alger Une campagne de diffamation a été orchestrée par le pouvoir afin de discréditer le mouvement. Les syndicats ont aussi été menacés de retraits d’agréments et les grévistes de radiation, en sus des retenues sur salaire.

Le 10 février 2010, un sit-in de protestation devant le palais présidentiel a été violemment réprimé par la police et la garde mobile ; des femmes ont été bousculées violemment par les policiers, rapporte El Watan dans son édition du 11 mars.

À l’heure où ce rapport est rédigé, les professionnels de la santé sont toujours en grève, celle-ci est la plus longue de l’histoire des mouvements sociaux en Algérie. Dans ce cas aussi, les témoignages portant sur les pressions et les menaces du pouvoir pour faire cesser la grève sont nombreux…

Droits des femmes : Le bilan dressé par le Comité des femmes du Snapap

Les principaux combats du Comité des femmes portent d’abord sur les violences et les différentes formes de harcèlement que subissent les femmes sur leur lieu de travail. Il n’y a pas de loi les protégeant de ces agressions ! Celles qui osent porter plainte sont en général condamnées par la justice pour diffamation, parfois à de la prison avec sursis et perdent leur travail, sans grand espoir d’en retrouver un autre.

Le Comité vient d’élaborer un questionnaire sur le harcèlement dans le milieu professionnel, qu’il entend bien diffuser très largement dans le cadre d’une campagne de sensibilisation sur ce sujet.

Les représentantes du Comité évoquent une situation pire encore dans les multinationales. Les cas de harcèlement administratif et sexuel y sont encore plus nombreux.

Meryem Medhi, en grève de la faim pendant 79 jours (à partir du 9 décembre 2009), a contribué à lever le voile sur les conditions de travail dans ces firmes ; elle a été licenciée par British Gas en raison de ses activités syndicales (voir plus loin).

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Les membres du Comité dénoncent également la législation portant sur les congés maternité dans la fonction publique, législation qui consacre la discrimination sexuelle. La loi accorde 98 jours pour ces congés, ce qui est court, d’autant plus qu’il y a une carence en matière de crèches et de garderies dans tout le pays.

Pendant le congé, le salaire est suspendu et versé au retour au travail. Sachant qu’une boîte de lait coûte 3 euros et jusqu’à 7 euros pour les laits réservés au traitement de pathologies, la situation est invivable pour les mères actives (et aussi celles qui ne travaillent pas !).

Tout est fait pour les dissuader de travailler, donc, et les cantonner au foyer domestique, ainsi que pour dissuader les femmes qui travaillent d’avoir des enfants. Par ailleurs, le Comité dénonce la précarité de l’emploi des femmes.

Elles sont beaucoup plus nombreuses que les hommes à devoir se satisfaire de contrats précaires. Pour les contractuelles (équivalent de CDD), pas de couverture en cas d’accidents du travail ou de maladie, ni de congés maternité (si elles sont malades et ne viennent pas travailler, elles ne sont pas payées et elles risquent aussi de perdre leur emploi). Les contrats à temps partiel et les vacations à l’heure sont aussi beaucoup plus nombreux, notamment pour les femmes d’entretien.

Le Comité prépare également une campagne sur « L’égalité des chances » professionnelles pour les femmes, afin de dénoncer les limites qui leur sont imposées dans leur progression professionnelle : alors que les diplômés sont majoritairement des femmes, on ne les retrouve que rarement dans des postes de direction. Par ailleurs, si la loi prévoit la parité, elle n’est appliquée nulle part dans les faits : au Sénat, par exemple, il y a seulement 4 sénatrices sur 48 ; au Parlement, seulement 25 % de femmes ; dans les assemblées locales, 13 %, alors que plus de 54 % du corps électoral est composé de femmes.

Dans les multinationales du sud du pays, l’esclavage moderne et la répression de toute contestation avec l’aval de la justice et de l’UGTA

Si les droits syndicaux sont bafoués et les mouvements sociaux cassés dans la fonction publique, la situation est encore plus catastrophique pour les personnes qui tentent de revendiquer un minimum de droit dans les filiales des multinationales présentes dans le Sud algérien, zone d’exploitation des hydrocarbures (gaz et pétrole).

Il n’existe en effet pas vraiment de droit du travail pour les travailleurs de ces multinationales. Les patrons de ces entreprises agissent comme bon leur semble. Cela aboutit à des horaires de travail extensibles (12 heures par jour au lieu de 8 par exemple, les heures supplémentaires n’étant que rarement payées), à des conditions d’hébergement et d’hygiène indignes3, à des différences de traitement entre expatriés et travailleurs algériens (primes et durée de repos inférieures par exemple), au mépris et à des insultes envers ces travailleurs.

Face à cette situation, dans plusieurs entreprises, des travailleurs ont décidé de faire valoir leurs droits. Si le combat de deux d’entre eux a été fortement médiatisé depuis 2009, y compris à l’extérieur de l’Algérie (Meryem Medhi et Yacine Zaïd), d’autres ont également revendiqué des droits en créant une section syndicale UGTA (alors qu’il n’est pas possible de créer un syndicat autonome dans le secteur privé). La réponse, pour chacun d’entre eux, a été le licenciement.

Nous n’avons pu rencontrer Meryem Medhi qui, après 79 jours de grève de la faim, a obtenu un protocole d’accord avec British Gas deux jours avant notre arrivée. Pour elle, « tout a commencé en 2008, des conflits répétés avec les responsables, qui me considéraient comme une menace, vu que je demandais des promotions et des augmentations de salaire ainsi que des formations, comme le stipulent mon contrat et le règlement intérieur de la compagnie. De 2007 à 2009, je n’ai bénéficié en tout et pour tout que de 4 000 DA d’augmentation, ce qui n’est rien comparé aux collègues.

Concernant les rotations de plusieurs jours, voire des semaines, que j’ai faites en extra, la direction des ressources humaines a décidé de ne pas me les payer. Bien que la loi stipule un paiement double pour chaque jour travaillé5 ».

Face à ses revendications, British Gas l’a tout bonnement licenciée en novembre 2009. Nous avons en revanche pu rencontrer Yacine Zaïd (ancien employé à Hassi-Messaoud d’Eurest/COMPASS, société française de restauration collective) et deux anciens ouvriers de WeatherFord International (société américaine spécialisée dans le forage et la prospection offshore), à Hassi-Messaoud également.

Une section syndicale UGTA a été constituée en décembre 2006 dans l’entreprise de Yacine Zaïd (1 400 adhérents) et il en a été élu secrétaire général. Eurest a refusé de la reconnaître, nié tous les droits de cette section syndicale et menacé les salariés, notamment les plus précaires. Deux inspecteurs du travail venus le constater se sont faits recevoir à coups d’insultes par la direction locale de l’entreprise.

En avril 2007, la direction d’Eurest a déposé plainte contre le secrétaire général de la section syndicale pour « insulte et injure » (affaire montée de toute pièce), plainte qui a abouti à une condamnation en décembre 2007 (amende de 10 000 dinars), les témoins de Yacine Zaïd n’ayant pu venir témoigner au procès.

Par ailleurs, par l’intermédiaire du bureau de wilaya de l’UGTA de Ouargla, la section syndicale a été gelée et son secrétaire général a été suspendu pour une durée indéterminée en juin 2007.

Par la suite, diverses plaintes ont été déposées, notamment pour diffamation sur Internet. Yacine Zaïd a été condamné à trois mois de prison avec sursis et 220 000 dinars d’amende en juin 2008 et a comparu cinq fois devant les juges d’Ouargla et de Hassi-Messaoud en novembre de la même année pour la même affaire (accusation de « menace de mort par mail »).

En mars 2009, la plainte d’Eurest a été rejetée. Un appel a été déposé et rejeté également. Le DRH d’Eurest a redéposé une plainte avec la même accusation.

Rebelotte : passage devant les juges une dizaine de fois entre novembre 2009 et février 2010 pour la même affaire. On peut ainsi noter l’acharnement judiciaire et le manque de soutien de l’UGTA pour les membres d’une de ses sections.

Les ouvriers de WeatherFord International, sous-traitant de la grande entreprise nationale Sonatrach, ont eux aussi voulu monter une section syndicale UGTA dans leur entreprise. Ils demandaient à être traités sur un pied d’égalité avec les expatriés (même prime, même temps de repos, etc.). Si dans un premier temps, le directeur local a fait des compromis, ce dernier a été remplacé et son remplaçant est revenu sur toutes les avancées.

Une fois la section syndicale constituée, les dix-huit membres restants du bureau ont été licenciés en novembre 2008. Or ils exerçaient des emplois spécialisés que seule cette entreprise propose.

Les ouvriers rencontrés insistent aussi sur l’arbitraire des primes de licenciements versées : l’un, après treize ans de travail, s’est vu attribuer 150 000 dinars ; l’autre, travaillant au même poste, 910 000 dinars après six ans de travail.

Ces syndicalistes nous ont expliqué que personne ne porte plainte contre ces exactions : les entreprises de sous-traitance de la main-d’oeuvre sont en général la propriété de pontes du DRS… Intérêts croisés qui profitent bien aux multinationales…

Face à ces atteintes aux droits syndicaux et plus largement aux droits des salariés, un Comité national pour la défense des droits des travailleurs va être créé, affilié au Snapap, pour défendre et soutenir les salariés qui travaillent dans des conditions difficiles pour des multinationales dans le Sud algérien.

L’élaboration en cours d’un code du travail et la menace qu’elle fait peser sur les droits des travailleurs.

Nous avons également rencontré un député du RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie, un parti de l’opposition « laïque » qui a longtemps été un soutien actif du pouvoir), lequel nous a informé qu’un code du travail était en cours d’élaboration, l’intention déclarée étant d’unifier des règlements épars en un seul code. Au moment de notre entretien, personne en dehors des membres du groupe de travail, dont fait partie l’UGTA, n’avait eu accès au contenu prévisionnel de ce code. Cependant, des doutes planent sur la réelle prise en compte des droits des salariés et des reculs quant à ces droits ne seraient pas très surprenants…

Stéphane (Solidaires) et Valérie (CNT)

Between repression and manipulations: the courageous combat of the Algerian autonomous trade unions

April 8, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

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CISA

Comité International de Soutien au Syndicalisme Autonome Algérien – CISA[1]

21 ter rue Voltaire – 75011 Paris – France

comintersaa@gmail.com – 0033 6 29 64 66 33

 

 

 

Between repression and manipulations: the courageous combat of the Algerian autonomous trade unions

 

 

Defending the rights of the workers is nowhere an easy task. In Algeria more than elsewhere, being a trade unionist is proven to be a constant difficult battle. The provisions of the state of emergency in force since the coup d’état of January 1992 and the cancellation of the general elections seriously hamper the daily work of genuine trade unionists, members in “autonomous unions” of the civil service. These trade unions emerged in early 1990s - thanks to a short democratic opening – with the mission of defending the interests of civil servants. A role no more played since long ago by the single trade union UGTA (General Union of Algerian Workers) which became since 1963 a mere cog in the machine of the regime.

 

Being a trade unionist in Algeria

 

Leading an autonomous trade union in Algeria in 2000s consists in defending the workers as much as dodging the endless maneuvers of destabilization, infiltration and corruption practiced by the regime – which tolerate it without an official recognition. Refusing any form of subjection except the one they owe to their members, independent trade union organizations are the main target of the operations of the army’s political police services, the ISD (Intelligence and Security Department, former military security). Since their inception, autonomous trade unions which intend to fill the gap left by an utter absence of workers’ representation are the permanent target of efforts of intimidation, sowing division in their ranks and corrupting of their leaders in order to eliminate any form of expression of union demands.

 

Indeed, maintaining the political order goes through the dissipation of all forms of contestation and subjugation of whoever is claiming to be a responsible interlocutor. This method has been continuously furthered since the dawn of independence. It is noteworthy in this respect that the first union convention of the UGTA, January 1963, was the first victim of this strategy of systematized felling of all social actors. Delegates attending the union convention were arrested and substituted by individuals belonging to security apparatuses to hold the convention and “elect” leaders chosen by the regime. No structure should exist except those serving the regime.

 

As it was the case just in the aftermath of independence, the exclusion from the social life of all autonomous organizations which is in favor of the real power, namely the heads of the ISD, constitutes the constant preoccupation of the Algerian leaders since the end of the short period of democratic opening between November 1988 and June 1991. Behind an institutional façade made up for external consumption, the Algerian political regime is a dictatorship of which the exclusive levers are oil incomes and an omnipresent apparatuses of repression.

 

A concealed dictatorship

 

This military and police dictatorship is hiding behind institutions which, be them justice, Parliament or president of the Republic, have a formal existence but are in nowhere and do not form at anytime neither frames for an effective authority nor centers for political regulation.  Devoid of any substance, animated somehow by a co-opted staff, they prove to be, after all, the communication channels for the instructions stemming from the true ruling group. Appointed by rigged and carefully staged elections, rump institutions owe their existence to the need to conform to the model which reassures the Westerners, the main foreign partners that are concerned with a minimum of formalism.

 

In fact, the ruling of the country is in the hands of a group of individuals that are at the helm of the security apparatuses, who do not appear on the official political arena and are not accountable before anyone. This “shameful” dictatorship can not tolerate, if is to last, the smallest organized contestation, and its sustainability is thus based on a nitpicking social control which bans the emergence of any form of free expression and organization that is likely to question it.

 

The Algerian political scene is fully locked. Recalcitrant political parties are deprived of the freedom of speech, reduced to an idle life, unable to work, and obtain in polls only what the actual regime is willing to grant them.  With very few exceptions, such as the Algerian League for the Defense of Human Rights (ALDHR) or SOS-Disparus (missing people)[2], the associative movement, bearing witness to a “civil society” which is also a prefabricated one, is composed of a myriad of subsidized associations bringing together some individuals who do not have any continuity in the society.

 

The only relief authorized by the regime, the private written press – “mass media”, radio and television exclusively owned by the state – is evidence of a certain freedom of speech as long as the unwritten-but-firmly-drawn red lines remain uncrossed. These red lines are known: it is forbidden to question the officials of the effective ruling circle, to name and criticize the heart of the regime, the political and military police. Nevertheless, newspapers have a certain amount of latitude and can criticize the head of state, the government and other institutions. Directly put under the ISD, most newspaper executives have thus the obligation of attending weekly briefings at specialized headquarters of the political police. Yet, press remains the space representing a very relative freedom allowed for the population.

 

Autonomous trade unions in front of the repression

 

An enduring legacy of the opening era, the Constitution of 1989 and of the laws enacted in 1990, autonomous trade unions come in the firing line of repression and destabilizing maneuvers exercised by security apparatuses and their satellites. If the political adventurism, inaugurated by the military coup d’état of January 11th, 1992, led to dismantling of the main safeguards of a legally constituted state, the debt rescheduling in 1994 allowed the swing to the bazaar economy and generalized corruption. The liberal orientations as well as the annihilation of the social policy have thrown entire categories of the society in grinding poverty and misery.


Today, in a country boasting its financial health which is exclusively depending on oil revenues, half of the population lives below the poverty line. The wheeling and the dealing of the clients of the regime and corruption at the highest positions of the power hierarchies are made easy by the weakening of the state’s structures and the disorder nurtured by the very people who run the repressive apparatuses.
Structural adjustment and pressures exercised on wages hit very hard the civil servants of all sectors and workers in general. Education and health have paid a heavy toll for an IMF’s shortsighted therapy and, on the whole, ineffective.

 

This social decline - overshadowed by a "dirty war" waged against the population in 1990s by army and ISD officials which wiped out 200 000 lives - is today combated by autonomous trade unions only. The UGTA, an old mass organization of the single party, controlled since the first days of independence by the political police, is nothing but an instrument, utterly discredited, for social control. Deprived of representation, led by men notoriously involved in financial scandals, this old confederation of trade unions is the spectral shadow of the union founded on 24th February, 1956 by Aïssat Idir.

 

The UGTA, one of the very few trade unions in all around the world to approve an IMF program of structural adjustment, is only a mere acronym summoned each time by the government to represent the illusory “support of labor masses” for posturing of a “Potemkine Algeria”  further and further paining in hiding the reality of the dictatorship. The remaining combative sections are continuously attacked by the national office of the UGTA. Weakened and deprive of any trade union protection, they are offered by the UGTA as sacrificial victims on the altar of the administration.

 

Independent trade unions are currently the only organizations to defend the workers – these workers who are the only not to fall within the scope of the political police control. The social movements in the civil service have shown their ability in mobilizing of free trade unions and the limits of the political police’s intimidation capacity. Arbitrary arrests, illegal police custody of trade union activists in addition to closing of trade unions’ offices, all forms of humiliating bullying and harassment.

 

Known methods for suppressing the political life

 

Since 1990s, the ISD has been deploying in front of independent trade unions a whole range of manipulation techniques exercised since 1962 in order to sterilize the political life. These practices were reinvigorated after the “democratic parenthesis" of 1989 -1991 was closed. Accredited political parties of that time, still having a real base and executive offices independent from the regime, have been since systematically subjected to internal division tactics. A classical scenario: “dissident” militants, acting under orders, each time agree on convening “up-righting” union conventions. An “executive office” is elected in most illegal conditions and thus the party becomes under the control of the power. The most famous victim of this kind of “straightening” – the Arabic word tas’hihiyya became a term used in everyday language to describe this type of remotely controlled coup d’état – was, in January 1996, the venerable Front of National Liberation whose secretary-general Albelhamid Mehri was ousted as a result of what the party’s executive members had described as a “scientific conspiracy”. In defiance of legality, the independent line of the FNL political party, which was approved by the militants, had been substituted all of a sudden in order to completely align the party with the orientations of the power.

 

In a context characterized by this type of maneuvers, in a situation of a structural state of emergency and political police’s omnipotence, any recourse to justice is inevitably doomed to failure. In the Algerian political organization, justice is not an institution. It is a mere obedient instrument. And here is the landscape: several faked organizations – political parties, trade unions, civil society associations - without any base or credible programs, occupying the media arena whenever the need for a political agitation is felt by the system. We see very well during occasions of presidential elections, when virtual structures are fleetingly revived to serve as advocates and play the role of a pure forged opposition. Systematically applied, these methods, which seem to be the only known to the political police, were notoriously utilized in the frontline of the "dirty war" of 1990s: the same techniques were used in creating faked bush armed members of a resistance with the view to infiltrate within armed groups, and up to the extent of manipulating them in order to perpetrate the most heinous massacres from 1996 to 1998. The objective behind using the Islamist violence as a tool - put at the disposal of a communication strategy of the regime – is on the whole attained. Thus, dictatorship is permanently justified and finds its raison d’être. It invokes and avails itself of the fight on religious extremists in order to maintain it existence. 

 

The organization of the confusion: the “cloning”

 

These methods have been used ad nauseam by the ISD with independent trade unions which had as much as they could of them. Payment suspension of salaries, frozen professional careers, unjustified lay offs giving way to arbitrary arrests. The arsenal of humiliations, bullying, and harassment, brutality and police manipulations is fully harnessed. With a predilection for what trade union activists call “cloning”. It is an attempt to sow confusion among the bases through creating duplicates of organizations deemed undesirable. The approach is simple: it consists of creating within autonomous authentic trade unions “dissidence” which will soon result in a schism by manipulating the most opportunistic or weak militants through using stick-and-carrot tactics, and accessorily by blackmailing those who are “committed”.

 

If the dissidence amongst independent trade union organizations is a known phenomenon and taken into account in their practices and strategies, it changes its nature when it is used as a tool with the aim of destroying any trade union line and autonomy. Indeed, the commonly used practice is to make believe that some militants are no longer in agreement with the so-called “radical views” of their trade union, sometimes conversely with its would-be “laxness”, and somehow have decided to change the approach by practicing “straightening up” - the famous tas'hihiya. The only goal will be to put in the foreground a new organization, clone of the original, ready to accept in reality all compromises with the regime, including undertaking “ultra-radical” but absurd initiatives that are doomed to failure: another way to weaken the collective will of union demand. For it to be effective, such practice requires that the new leadership of the trade union stem from a new union convention in order to throw members and even analysts into confusion since, after the de facto division, two trade unions are bearing the same name (or, in some cases, a slightly different name).

 

The method was applied to SNAPAP (National Autonomous Trade Union of Civil Administration’s Personnel) in May 2004 - after a first attempt in February 2002, which misfired. SNAPAP leaders having refused to support the candidacy of Abdelaziz Bouteflika for the presidential elections of April, an isolated “dissident” convened a union convention which reaped an active support from the administration. Immediately this SNAPAP (a) received a grant, whereas the SNAPAP only had situational trivial aids from public authorities. In defiance of the law and the factual reality, the court awarded SNAPAP (a) a small flat (with documentation and equipment inside) which serves as its headquarters. The forcibly expulsion of the legitimate dwellers was conducted brutally and without any possible appeal. The CNAPEST (National Autonomous Council of Secondary and Technical Schools Teachers) underwent a similar treatment. Active since early 2000s, CNAPEST had to wait until 10th July, 2007 in order to be accredited, almost simultaneously with its clone, “SNAPEST” (the so-called dissidents, after some hesitation due to the delayed adoption of a “strategy”, had in fact slightly modified the name of the organization). It is worthy to notice that cloning applies also to groupings of independent trade unions. Founded in April 2006, the Inter-Trade Union of the Civil Service (LAFP), bringing together the true independent trade unions, was immediately duplicated by a clone called “Coordination of Civil Service Trade Unions”. Other independent trade unions, such as the one of air navigation pilots, exist in theory without echoing with any activity on the ground. For this particular category, the ISD does not consider it useful to create clones. One could multiply the examples…With the view to enlighten the reader, it was deemed important to establish on the ground of the information available at the CISA, a “table of correspondence” between the true independent trade unions and their clones.

 

Algeria 2009: Table of correspondence between independent trade unions and clone trade unions, and originally clone trade unions

 

 

Original Trade Union

Clone Trade Union

SNAPAP (National Autonomous Trade Union of the Civil Administration Personnel, President: Rachid Malaoui, Secretary-general : Nassira Ghozlane)

SNAPAP (a) (led by Belkacem Felfoul, former Member of Parliament in retirement)

CNAPEST (National Autonomous Council of Secondary and Technical Schools Teachers, coordinator: Larbi Nouar)

SNAPEST (led by Mériane

Meziane)

SATEF (Autonomous Trade Union of Education and Training Workers, Secretary-general: Mohand-Salem Sadali)

SATEF (a) (led by Abdelmadjid Basti)

 

CNES (National Council of Higher Education Teachers, Coordination of CNES sections, Spokesman: Kaddour Chouicha)

CNES (a) (led by Abdelmalek Rahmani)

 

SNTE (National Trade Union of Education Workers, Secretary-general: Mohamed Bennoui )

SNTE (a) (led by Abdelkim Boudjnah)

 

Inter-Trade Union of the Civil Service (IAFP)

Coordination of the Civil Service Trade Unions

 

 

All these maneuvers have the automatic support of the Ministry of Labor which is in theory in charge of seeing the respect of the regulations pertaining to the free exercise of the union rights. This Ministry is led since June 2002 by the same individual, Tayeb Louh, himself is an old independent trade unionist. The career of Tayeb Louh says a lot about ISD anti-trade union strategies. Judge, Tayeb Louh was one of the founders in 1993 of an independent trade union of judges (National Trade Union of Magistrates) which underwent harassment that was the talk of the town that time and a “straightening” in due form. It is with great astonishment that trade unionists knew about the appointment as Minister of Labor of such a deserter from social struggles. This time unsurprised, trade unionists note that the converted minister constantly engages in practices of which he had long been victim. Thus, whenever a clone is made following an ISD initiative, the Ministry of Labor refuses to intervene and shed light on the situation. To drive the point home, other official institutions – notwithstanding their incompetence to intervene in trade union matters – are in charge for saying which trade union is “good”, the one with which all authorities shall cooperate; which entails on the other hand the exclusion of the trade union that was not designated. An illustrative example is the issue of the cable sent on 17 January, 2009 by the Ministry of the Interior for selecting the clone of SNAPAP: administrations were commanded to refuse to work with the legitimate trade union sections (elected by members) on the ground of the availability of the clone’s representatives, appointed by the administration and not having any election legitimacy. As far as court’s decisions are concerned, they are obviously always in favor of the clones…

 

The Imperative of Solidarity

 

These practices do not produce the same effects on all workers because if for the most committed of them, the stakes are clear and the actors are identified, for others staying in the background and being cautious are necessary as long as there is no clarification likely to lift the confusion. Indeed, the power and its media acolytes constantly try to discredit the true trade union through staging the conflict between the union and its clone as the depiction of a struggle for important positions. Moreover, for many workers, commitment in a trade union does not entail any significant risk-taking (being opposed to the ISD), the fact which resulted in throwing many of them out of trade union struggles.

 

Under these circumstances, the resolution and the tenacity of the militants from authentic independent trade unions are further respected. With courage, they strive along years against the growing deterioration of the living conditions and of the wages of Algerian workers, and fight attempts aiming at disintegrating their representative trade union organizations. After the deadly “eradication” of the opponents – mainly Islamists but not limited to - during the “dirty war” of 1990s, these militants are today the only ones to fight tooth and nail, in a structured manner stemming from the civil service, against a tragic social situation in which the desperate majority of citizens has nothing to make recourse to as a means of expression but riot. Starting to appear in early 2000s, the violent uprisings that periodically shake the stability of big cities and small villages as well because of all possible grounds linked to “Ill-life” - water shortage, accommodation crisis, absence of infrastructures, etc. – have been increasing since 2004 and have become daily in 2009 to the extent of turning Algeria, from east to west, to a social cauldron constantly on the verge of a generalized conflagration.

 

But so far, the combination of an omnipresent siege imposed by the ISD men, of the police repression and of a compliant-with-orders Justice and always prompt in imposing heavy sanctions on rioters, has managed to keep the revolts of the people below the threshold of explosion. It is because the holders of the real power, the generals of the ISD and their accomplices, are firmly determined to break all collective undertakings that would structure these revolts, at the risk of a serious threaten to their main objectives: pursuing their own benefit - as they have been doing since thirty years – cornering the wealth of the country through corruption and charges withheld on hydrocarbons exportation as well as on the importation of consumption goods and equipments that Algeria does not deliver.

 

In this grim context, it is essential that the international isolation of the activists of autonomous trade unions of the civil service, the only in Algeria to collectively fight in the face of maneuvers, “cloning” and repression - and more generally against the atrocious ill-life imposed on the entire people by the power ends. The tough strike, massively adopted, launched since 8th November, 2009 by the trade unions of teachers is a live illustration. Moreover, the struggle of independent trade unions is also the combat of Algerian women for their emancipation: they are many to take part actively in the struggles and to take up their responsibilities at the helm of the these trade unions – and they are often the first to suffer the pressure, harassment and intimidation of the power. That is why in September 2009, French trade unionists, Algerian and French Human rights activists established the International Committee for Supporting the Algerian Autonomous Unions (CISA) in order to inform public opinion on the reality of trade union struggles in Algeria, to support them and to lift ambiguities that are nurtured by a system which has nothing but violence and coercion as a lever on the society.

 

 

Paris on 15th November, 2009

Signed the President of the CISA,

François Della Sudda

 

 

CISA, 21 Ter rue Voltaire 75011 Paris, France - comintersaa@gmail.com


[1] CISA: International Committee for Supporting the Algerian Autonomous Unions (note of the translator)

[2] Note of the translator.

Schlumberger et Weatherford sont les plus dénoncées 300 plaintes de salariés algériens contre des compagnies étrangères

April 6, 2010 by yacinezaid   Comments (0)

Le Comité national pour la défense des

droits des travailleurs, créé récemment

par des syndicats autonomes, a reçu en

moins d’un mois plus de 300 dossiers complets

de plaintes déposées par des salariés

des compagnies pétrolières étrangères

présentes en Algérie.

Les salariés se plaignent de leurs conditions

de travail, notamment chez les

groupes pétroliers étrangers présents dans

le Sud du pays, a indiqué mardi dernier à

TSA Yacine Zaid, membre fondateur de ce

Comité. «Le comité a reçu des milliers de

plaintes de la part de salariés des groupes

étrangers, mais nous avons recensé 300

dossiers complets dont 220 de la part de

salariés travaillant pour une seule entreprise

et victimes d’un licenciement abusif», a

ajouté M. Zaid. Les compagnies Waterford

et Western Gico, filiale de Schlumberger,

sont les plus dénoncées par les travailleurs

algériens. Le Comité national pour la défense

des droits des travailleurs a été créé

dans la foulée de la grève de la faim entamée

par Meriem Mehdi, licenciée par son

employeur British Gas. Il entend défendre

et soutenir les salariés qui travaillent dans

des conditions difficiles dans le Sud du

pays, selon M. Zaid.

 

01 / 04 / 2010